ERDOGAN MONTRE SA TABLETTE À TRUMP

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Recep Tayp Erdogan fait le coup de l’iPad à Donald Trump. Coup de propagande sur le bec. Photo : Mark Wilson / Getty Images

C’est un petit rien qui en dit long. Il est vrai que c’est lorsque que l’on n’a rien à dire qu’on gueule le plus fort pour se faire entendre. Mais, avec la technique, les messages de vide et d’esquive peuvent éviter ces emportements. Quand on est chef d’État, on essaie de garder une certaine « mesure ». Pas toujours, il est vrai. Ainsi Donald Trump demeure un grand destructeur de micros et d’oreilles. Le roi du décibel. Bien au-delà des 120, seuil de l’audition humaine. Son verbe à l’élégance coutumière passe le mur du son. De Macron, il a dit récemment, devant des généraux de l’Otan : « C’est un casse-couilles ». Son homologue turc Recep Tayip Erdogan a plus de tenue : il se tient droit comme une barre de fer. Et dans sa main – de fer aussi – il sait frapper plus dur encore bien que tout en douceur grâce à la bonne vieille technique de la propagande mise au goût du jour. À Donald Trump qui lui lançait, à propos de sa stratégie en Syrie : « Ne jouez pas au dur ! Ne faites pas l’idiot ! » (remarquons la parole d’expert) Erdogan sort… son iPad et diffuse dans le bureau présidentiel une vidéo de propagande présentant les Kurdes comme des terroristes. Malin, car, comme on sait, Donald Trump, imbibé de plusieurs heures de Tv quotidienne, préfère les images aux discours. C’est joli et coloré. Les cinq sénateurs républicains présents dans le bureau ovale n’ont guère été convaincus par cette publicité un peu lourde, qu’importe. De Gaulle avait dit, lors d’une conférence de presse en 1966 : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » pour dire que la Bourse n’était qu’un indicateur, sans plus. Est-ce que les relations internationales vont se faire à la tablette, reléguant les dirigeants à des consultants-vendeurs de leur produits politiques ? D’une certaine manière, le maître de la Turquie, enfin pas dans sa capitale Ankara ni sa principale ville Istanbul, innove. Il se peut qu’il fasse exemple. Dans ce cas les rédacteurs de discours, producteurs de punch-line, vont devoir apprendre le langage audiovisuel et passer des heures au montage. Voyons le bon côté, cela donnerait du travail à des sociétés spécialisées…

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