GAUCHISME, SYNDICALISME, JOURNALISME

2 intrusions CGT et 1 théâtre - GAUCHISME, SYNDICALISME, JOURNALISME
Deux intrusions de la CGT, vendredi dernier et ce lundi, au siège national de la CFDT et manifestation devant le théâtre des Bouffes-du-Nord.

On ne peut pas vraiment dire que ce soit une surprise. Depuis de nombreuses semaines, un climat de haine parcourait les manifestations et se traduisait par des actes de violence répétées. Mais deux événements de vendredi dernier marquent un tournant car ils inaugurent une pratique durable : l’intrusion de militants @CGT au siège national de la @CFDT ; l’évacuation temporaire d’Emmanuel Macron du théâtre des @Bouffes du Nord.

Intrusion de la CGT dans les locaux de la CFDT

Laurent Berger, secrétaire général de la confédération CFDT a déclaré que des opposants à la réforme de retraite ont pénétré « violemment » dans les locaux et « ont agressé verbalement et physiquement des salariés ». Il s’agissait d’un groupe d’une vingtaine de personnes issues d’une centaine de militants CGT rassemblés en manifestation. Étonnamment, un journaliste du Monde, évoquera… une « ambiance plutôt bon enfant » sur la base d’une seule vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Un peu court comme analyse et une absence de réflexion totale sur la symbolique de l’événement. Sur son compte Twitter, Anasse Kazib (@SUD-Rail), “cheminot à Paris Nord” qui est l’une des voix du mouvement, a indiqué qu’il s’agissait d’une “action surprise de la coordination RATP/SNCF au siège de la @CFDT“. Surprise, surprise, effectivement car, de mémoire, il s’agit tout simplement d’une première ! Jamais, dans l’histoire d’un monde syndical pluriel, une organisation a vu certains de ses militants « attaquer » un autre syndicat. Lors des manifestations du 1er mai, on constate souvent des défilés séparés, lors de certaines luttes sociales, les désaccords peuvent être très importants – c’est le cas pour les moyens d’actions et de règlement concernant la réforme des retraites – mais jamais les organisations représentatives, par ailleurs composées d’élus, ne se sont affrontées physiquement, dans le local de l’une d’entre elles qui plus est. Certes, le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier a déclaré que « la violence est toujours un signe de faiblesse », les faits restent patents. Par un court communiqué, la CGT a déclaré « ne pas cautionner ce type d’action ». Soit, mais patatras ce mardi, une nouvelle incursion que Philippe Martinez aura bien du mal à nier. Une quinzaine de personnes encagoulées façon black-block a lieu et la revendication est immédiate : Cathy Fléchard de la CGT Énergie Paris précise que « l’action est le fait de plusieurs syndicats CGT de l’Île-de-France (Paris, 91, 93, 94, 95, 77,78, Ouest IDF et Bagneux).» Afin de prouver qu’ils sont d’excellents professionnels de l’électricité, les intervenants en ont privé le siège de la CFDT pendant quelques minutes. Comment s’étonner de ces méthodes quand Laurent Brun, le secrétaire général de la @CGT Cheminots n’avait pas hésité à lancer cette diatribe : « Écoutez. Personne ne gagne une grève par KO. Je suis capable d’assumer de vrais compromis mais vous [le gouvernement] ne m’en proposerez jamais. Donc ce sera la guerre totale. Jusqu’à la fin. La SNCF sera par terre mais l’appareil [de la CGT] sera debout. La guerre à outrance n’est pas pour me déplaire. La seule sortie possible, c’est la révolution. » Laurent Brun ne réfute pas les termes mais estime que son propos a été déformé, sorti de son contexte. Soit une nouvelle fois, mais c’est le même homme qui a déclaré (sans démenti cette fois) : « Les analyses de Lénine sont toujours d’actualité. Il faut à la fois une idéologie révolutionnaire et une organisation qui la porte ». Lénine, l’homme du coup d’État de la Révolution russe qui a enfanté la dictature du goulag et son système de désastre économique avec comme seule bénéficiaire la nomenklatura communiste. Avec de telles déclarations, de tels « dérapages » sont inévitables.

Exfiltration de Macron au théâtre des Bouffes-du-Nord

Ce même vendredi, le couple présidentiel assiste à la représentation de « La Mouche »* Dans la salle un « journaliste-militant » lit-on et écoute-t-on dans la presse, filme le président de dos et envoie les images sur les réseaux sociaux avec un tweet précisant : « Je suis actuellement au théâtre des bouffes du Nord (Métro La Chapelle) 3 rangées derrière le président de la république. Des militants sont quelque part dans le coin et appelle tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare… la soirée risque d’être mouvementée ». Effectivement quelque chose se prépare et l’intéressé y prend une part active. D’ailleurs qui est ce journaliste… qui ne l’est nullement, puisque sans carte de presse. Il s’agit du militant Taha Bouhafs très connu. Le faux journaliste est un activiste radicalisé qui s’était illustré en avril 2018 lors de l’évacuation de la faculté de Tolbiac par les forces de l’ordre. On le voyait les insulter et carrément se jeter sur les policiers pour les provoquer. Du journalisme vraiment militant !** Par ailleurs il avait été candidat du parti de @Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise (@LFI)aux dernières élections législatives dans la 2èmecirconscription de l’Isère. C’est lui qui avait filmé Alexandre Benalla sur la place de la Contrescarpe. Toujours dans les bons coups, reconnaissons-le. D’ailleurs son avocat, après son interpellation vendredi dans la soirée, a confirmé que son client : « ne s’est pas retrouvé au théâtre par hasard mais souhaitait couvrir ce qu’il pressentait comme un futur rassemblement. Il ne le cache pas, d’ailleurs. C’est un journaliste bien informé.’’». Il n’est meilleur devin du futur que celui qui l’organise. Notons aussi cette constante chez Taha Bouhafs, la détestation de Charlie Hebdo comme en témoigne son tweet ci-dessous nourrie d’une haine recuite.

Les pouilleux de Charlie Hebdo - GAUCHISME, SYNDICALISME, JOURNALISME

Conséquence du tweet du « militant-journaliste » quelques dizaines de manifestants se pressent devant les portes du théâtre et certains tentent de pénétrer dans le hall. Logiquement les services de sécurité font évacuer temporairement les lieux afin de réaliser les vérifications d’usage et de s’assurer de la sécurité pour tous les spectateurs. Certains semblent oublier que nous vivons à l’heure du terrorisme et que la sécurité du président de la République a de strictes contraintes. Le spectacle reprendra avec tous ses spectateurs dont Emmanuel Macron et son épouse.

Le soi-disant journaliste n’est donc pas qu’un hallebardier de théâtre, c’est un fer de lance de la garde prétorienne de Jean-Luc Mélenchon, l’homme dont la ligne politique est le conflit permanent. Lors d’une réunion de collaborateurs de LFI, il avait déclaré : « Il faut taper tout le temps, et tant pis si l’on n’est pas des proposants’’ » D’où ses « théorisations » de « guerre de mouvement » afin de conquérir le pouvoir et son appel récent au « soulèvement général ». Après la garde à vue de Taha Bouhafs, les deux députés, @Éric Coquerel et @Alexis Corbière, ne manqueront d’ailleurs pas de s’offusquer bras levés haut.

Premiers enseignements

Les méthodes des « gilets jaunes » font florès. Plus précisément, après les toutes premières manifestations massives de la fin 2018, la systématisation des actions impromptues, dispersées et avec des dégradations d’édifices publics ou de biens privés fait école. Avec un bonus de plus en plus fréquent : le ciblage d’élus, par la dégradation de leur domicile ou permanence, et maintenant d’une organisation syndicale. Ces méthodes de minorités agissantes – dans les deux cas il ne s’agit qu’un petit nombre de manifestants – n’ont qu’un but : l’intimidation et la création d’un climat angoissant. L’histoire n’est pas avare de tels comportements et elle nous a enseigné jusqu’où ils peuvent mener.

La CGT ne tient plus rien. Depuis que Philippe Martinez est tenu (cela fait quelques années) par un bureau national où les « trotskystes » et apparentés font les majorités, l’historique syndicat majoritaire est en dérive lente. S’il est encore puissant car leader dans la Fonction publique, il a cédé cette place à la CFDT dans le privé. Apparemment, pour se refaire une santé après l’émergence – sans lui – des « gilets jaunes », il choisit de s’inspirer de l’action coup de force. L’avenir nous dira si ses adhérents et les électeurs le suivront sur cette voie lors des élections professionnelles.

Les propos violents mènent à la violence. On ne peut pas considérer que les appels répétés au soulèvement par certains dirigeants politiques, Jean-Luc Mélenchon en particulier, sont sans effet. Cette volonté délibérée du leader de LFI, mais aussi de syndicats carrément dirigés par des gauchistes, au niveau national ou bien dans certaines entreprises, a un objectif : faire en sorte qu’Emmanuel Macron soit à ce point fragilisé qu’il ne puisse être en position aisée pour sa réélection en 2022. Le rêve de tout agitateur : le chaos peut me profiter.

Les journalistes mériteraient d’être plus exigeants avec eux-mêmes. On a pu s’étonner du retard à l’allumage pour évoquer sérieusement l’intrusion de militants CGT au siège national de la CFDT. Certes, le même jour l’actualité était peut-être plus piquante pour eux avec l’exfiltration d’Emmanuel Macron et de son épouse du théâtre des Bouffes-du-Nord et l’événement mérite une couverture d’importance. Mais lire que la première était une opération « bon enfant » et ne pas lire, rapidement, qui est réellement le faux-journaliste Taha Bouhafs est étonnant. La description, la plus complète possible, d’un fait est la première obligation du métier. La seconde, toute aussi importante, est la contextualisation. Pour les deux événements évoqués, notamment sur les sites des grands quotidiens, il y a eu faiblesse. Ce qui est très dommageable, car l’information – à la vitesse de l’instantané – circule sur les réseaux sociaux. Avec les affabulations et les délires que l’on connaît.

*Pièce inspirée de la nouvelle de de George Langelaan, adaptée et mise en scène par Valérie Lesort et Christian Hecq. Jusqu’au 1er février. Billetterie : 01 46 07 34 50. Théâtre des @Bouffes du Nord.

**Voir les articles sur ce même blog : « Rumeur de Tolbiac : du coma fictif de l’étudiant à celui dépassé de « Le Média », le 30 avril 2018 et « Tolbiac : le mensonge révélé », 25 avril 2018.

14 réflexions sur “GAUCHISME, SYNDICALISME, JOURNALISME

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