LA SEMAINE 48 EN 7 ARTICLES

2021 – SEMAINE 48 / lundi 29 au dimanche 5 décembre

Le besoin d’un consensus national élevé ; Le militantisme LGBTQUIA+ au sein du ministère de l’Éducation nationale ; La langue française, vieille dame punk ; Un étalon du modernisme ; Le riz et le lapin ; Le self-service du pronom ; La violence verbale et la fragilisation de la démocratie.

24 au 31 novembre 2021 – Le un

NICOLAS BAVEREZ ET DAVID DJAÏZ

(…) NB : La France et l’Allemagne avaient un PIB par habitant proche en 2000 ; aujourd’hui, il est inférieur de 15 % en France. Malgré la hausse des transferts sociaux qui culminent à 34 % du PIB, la population se paupérise. Et ces transferts sociaux qui culminent à 34 % du PIB, la population se paupérise. Et ces transferts sont financés par la dette publique, qui est passée de 20 à 116 % du PIB depuis 1980. Simultanément, la qualité des services publics s’est effondrée en matière de santé, d’éducation, de sécurité et de justice. La société est par ailleurs rongée par un chômage permanent, qui touche autour de 8 % de la population active. La France est ainsi le seul des grands pays développés qui n’a jamais connu de plein-emploi depuis les années 1970. Ce chômage structurel est une vraie exception française qui a des effets délétères sur toute la société. DJ : Des économistes auront beau nous expliquer que c’est lié à l’automatisation ou à l’externalisation, la part de l’industrie manufacturière est tombée à 10 % contre 22 % en Allemagne, selon la Direction générale des entreprises. Un troisième facteur de faiblesse est la crise démocratique particulièrement aiguë que connaît notre pays, mesurée par un niveau de défiance himalayesque et des taux d’abstention en constante progression aux élections intermédiaires. (…) Nous avons aussi un système de solidarité interterritoriale quasi unique au monde. Aujourd’hui, la région Île-de-France produit 30 % de la richesse nationale. Mais, à la fin du mois, le revenu disponible brut qui arrive dans la poche des ménages qui y habitent n’est plus que de 20 % du total national. Autrement dit, dix points de richesse partent vers les autres régions. Grâce à notre appareil de solidarité et notamment grâce à notre Sécurité sociale, on a la capacité d’assurer une véritable unité républicaine. Et nous n’avons pas de sécessionnisme régional. Rappelons que nous sommes entourés par une Espagne dont la Catalogne est largement indépendantiste, une Italie du Nord qui se demande que faire ave le Mezzogiorno, une question régionale qui se ravive en Allemagne avec la très difficile intégration des Länder de l’Est, une Belgique qui est dans une crise nationale permanente et un Royaume-Uni post-Brexit au bord de l’implosion avec la question écossaise. L’unité française est au fond assez singulière en Europe de l’Ouest pour être rappelée. NB : Aujourd’hui, le déclin n’est pas un sentiment, c’est une réalité. Et si on ne part pas de cette réalité, on ne peut pas trouver de solution. Évidemment, les points forts existent et, à la manière de Marc Bloch, on pourrait parler d’étrange déclin. La France possède en effet de nombreux atouts qui auraient dû lui permettre d’aborder le XXI siècle dans des conditions favorables. Elle dispose d’un excellent capital humain, mais elle l’exporte beaucoup, qu’il s’agisse d’entrepreneurs ou de cerveaux. Elle regorge d’épargne. Elle peut s’appuyer sur des pôles d’excellence dans le secteur public et dans le secteur privé, sur une diplomatie et une défense performantes, sur une culture, une civilisation, un mode de vie qui ont peu d’équivalents. Dans le domaine de l’économie de la connaissance ou de l’environnement, elle peut se targuer d’une véritable expertise et de l’existence d’entreprises en position de leaders mondiaux. (…) DJ : Les trois grands événements structurant ce monde nouveau sont le 11-Septembre, la crise financière et la crise des dettes de 2008-2010, puis la crise du Covid. Toutes sont des crises de l’interconnexion. La crise du 11-Septembre, c’est la crise de l’unification culturelle et politique du monde sous le parapluie américain, violemment contesté par les djihadistes. La crise de 2008, c’est la crise de l’imbrication des bilans des banques européennes et américaines. Quant à la crise du Covid, c’est la crise totale de l’interconnexion. La production industrielle chinoise à l’arrêt a mis les économies américaines et européennes à genoux pendant un temps. Les pénuries d’intrants, les voyageurs qui circulent et apportent le virus… (…) NB : Dans nombre de domaines, il faut utiliser le levier européen. Réindustrialiser en protégeant un marché de 67 millions avec du protectionnisme n’a aucun sens ; servir un marché de 450 millions de consommateurs à haute valeur ajoutée est bien mieux. (…) DJ : Ce que dit Nicolas Baverez sur la cohésion nationale dans la mondialisation est fondamental. Je pense que les nations ne disparaissent pas, au contraire. On les voit se réaffirmer. Mais elles sont interrogées d’une manière différente par la mondialisation et ce que j’appelle les « chocs planétaires ». Pour conduire la transition énergétique, qui est en réalité un changement complet de système énergétique avec la sortie de l’économie thermo-fossile, pour faire face à l’ouverture économique, nous avons besoin d’un consensus national beaucoup plus élevé.

Nicolas Baverez et David Djaïz essayistes, propos recueillis par Éric Fottorino & Julien Bisson.

30 novembre 2021– Le Figaro

(…) Les enfants et les adolescents sont les victimes de ce militantisme déguisé en science. Débordant l’université pour atteindre l’école, la déconstruction entrave le droit des plus jeune, et en particulier des plus défavorisés d’entre eux, à accéder au savoir et à la culture. L’Éducation nationale, parfois inconsciente de ce qui se déroule sous son propre toit, finance certaines actions militantes. (…) Canopé, l’éditeur officiel des ressources pédagogiques de l’Éducation nationale, en présente des exemples. Pour « maîtriser le vocabulaire lié aux identités de genre » et faire « connaître les préfixe d’origine grecque ou latine et en comprendre l’importance dans le vocabulaire français », Canopé propose à l’élève du collège l’exercice suivant : « Recherche l’étymologie et la signification des préfixes “hétéro’’ »,“homo’’, “trans’’, “cis’’, “inter’’ et “bi’’ » (« Éducation et LGBTI+. Propositions d’activités pédagogiques pour le collège »). Un autre exercice consiste à repérer des « stéréotypes » dans une image. Le corrigé précise que « les stéréotypes à repérer sont : les couples hétérosexuels ; la mariée en blanc dont la petite fille tient la traîne, suggérant une filiation ; l’idée que son destin est également de se marier, d’où la présence du petit garçon en costume comme le marié ; la mère qui pleure, les femmes seraient ainsi plus « sensibles et émotives »… (…) Des courants pédagogiques militant (les pédagogies « radicales » dites « critiques » ou « contre-pédagogie », qui luttent contre le « patriarcat néolibéral, hétéronormé, sexiste, cisgenre, classiste et raciste (…) sur le plan du savoir et de l’épistémologie (voir, par exemple, « Pour une éducation de quel genre ? Des pédagogies de la cruauté aux pédagogies de l’émancipation », sur le site calenda.org) se retrouvent dans la formation des enseignants. À l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspe) de Créteil, le futur enseignant apprend ainsi que « le système scolaire reproduit une différenciation entre les sexes, source d’inégalités scolaires, sociales, économiques et politiques. Ces inégalités se construisent dans une perspective hétéronormative et (…) s’articulent en outre avec d’autres rapports sociaux de racisation, de classe. » Le remède est tout trouvé : c’est le « le concept de genre et d’intersectionnalité ». Le laisser-faire au sein des réseaux pédagogiques est en voie de devenir un phénomène politique. Le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ) a pour mission de « créer de la cohérence et de la transversalité dans les politiques publiques concernant les jeunes de 16 à 30 ans ». Or son nouveau président, Omar Didi, militant associatif, intervenait en 2017 en tant que panéliste aux côtés d’Elsa Ray du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), association dissoute depuis par l’État, et se félicitait de ce travail commun au nom de l’« intersectionnalité ». L’association qu’il préside propose « des espaces de paroles racisée (sic) et LGBTQUIA+ à permanence non mixte », en contravention totale avec les engagements des chartes des valeurs de la République et de la laïcité. Son association a pourtant perçu, rien que pour l’année 2019 : 7 000 euros de la Direction générale de l’enseignement scolaire du ministère de l’Éducation nationale, 10 000 euros du ministère de la Jeunesse, 20 000 euros du ministère de la Culture, 40 000 euros du Conseil régional d’Île-de-France, 22 000 euros du Conseil de Paris, et 46 000 euros de fonds européens. Ne doutons pas que le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse se transformera bientôt en caution d’associations militantes développant des actions « innovantes » auprès des publics scolaires.

Xavier-Laurent Salvador et Hubert Heckmann, universitaires.

2 au 9 décembre 2021– Challenges

ANDRÉ COMTE-SPONVILLE

(…) « Le populisme, qui s’adresse aux passions plus qu’à la raison, pousse inévitablement à la haine, au mépris, à la vulgarité. Et les réseaux sociaux, qui sont quasiment populistes par essence, tendent à généraliser cette déplorable évolution. La sociologue Nathalie Heinich, dans une tribune du Monde, va jusqu’à parler à leur propos d’un « processus de décivilisation » : « En créant une immense tour de Babel incontrôlée des propos et des images », ces réseaux poussent à une « surenchère dans la singularisation, par la provocation, l’exagération, le défoulement, voir la jouissance à dire l’indicible. […] On ne discute plus, on stigmatise ; on n’argumente plus, on insulte ; on ne contredit même plus, on exclut. » Pourquoi parler de décivilisation ? Parce que cette violence des réseaux sociaux, lâchement protégée par l’anonymat, tend à instaurer une barbarie numérique, qui ronge la civilisation de l’intérieur, comme un cancer de haines et de fake news. Spinoza voulait que « la haine, la colère, le mépris » soient « vaincus par l’amour et la générosité ». En matière de politique, c’est sans doute trop demander. Mais si l’on ne s’interdit pas la violence, fût-elle verbale, et si l’on ne s’impose pas au moins le respect de l’autre (y compris vis-à-vis de l’adversaire), c’est l’humanité qu’on insulte et c’est la démocratie qu’on fragilise.

André Comte-Sponville, philosophe

2 au 9 décembre 2021– l’OBS

(…) « Iel » n’est pas simplement un « petit pronom », comme l’affirment ses défenseurs. En tant que pronom, il commande des accords d’adjectifs, de participes passés, qui devront également être « neutralisés ». Ce faisant, il s’attaque au système même de notre langue – une langue romane, comme l’italien ou l’espagnol – en important le neutre, qui est anglo-saxon. Mais la langue française repose sur le couple genré du masculin et du féminin, c’est la tradition. Et le pluriel neutre existent déjà : quand, dans le haut-parleur d’un train, la voix annonce : « Tous les voyageurs sont priés de descendre du train », les femmes du wagon savent qu’elles sont, elles aussi, concernées ! (…) Dans cette affaire, il y a autre chose que du féminisme. C’est l’une des formes de l’individualisme roi de notre époque ! Chacun se sent désormais libre de choisir « son » pronom et de chambouler un système linguistique qui s’est forgé au cours des siècles. C’est du self-service, pardonnez cet anglicisme…

Bernard Cerquiglini, professeur émérite de linguistique à l’Université de Paris et conseiller scientifique du Petit Larousse, propos recueillis par Arnaud Gonzague.

4 décembre 2021– Le Figaro

SYLVAIN TESSON

(…) Il faut se représenter la confiance qu’ils ont en eux, ces « gestionnaires du monde qui change », pour s’en prendre à la langue française, vieille dame punk. Imaginons la scène : ils se lèvent le matin, se regardent dans la glace et se disent, « Je vais réformer la langue, fleurie par Marie de France, stabilisée par les Valois, soulevée par Rabelais, solennisée par Racine, déliée par Marivaux, polie par Montesquieu, enluminée par Hugo, illuminée par Rimbaud, stratosphérisée par Breton, électrocutée par Céline, solarisée par Camus, évangélisée par Mauriac – je vais la réinventer totalement, moi, Mme Michu de l’écriture inclusive et moi M. Jourdain de la vigilance lexicale. » Quel culot ! Vous remarquerez qu’à leur arrogance de tripatouilleurs·ses et précieux·ses ridicules s’adjoint une tristesse climatique d’expression, une platitude géologique, une timidité acnéique devant « l’hénaurme » flaubertien, une crainte de ce qui dépasse, de ce qui pue, de ce qui saigne et qui glougloute, de ce qui éructe, une impossibilité en somme de jouir et d’accueillir les turbulences de la langue quand elle tressaute, quand elle divague du châtié à l’ordurier, de l’imparfait du subjonctif aux insultes de grand chemin. L’inclusif ! Mais ne serait-ce pas qu’ils seraient en train de nous les briser graves ces Trissotin·e·s ? (…) Quand on ne maîtrise pas l’imparfait, le conditionnel et le futur antérieur, comment accueillir la douceur en soi ? « Peut-être, monsieur, conviendrait-il que je ne vous zigouillasse pas tout de suite » laisse une chance. « Toi ! Couic ! » n’en laisse pas. Un marteau-pilon ne conjugue pas. L’homme s’empêche parce qu’il a une grammaire et que l’acquisition des absurdités sublimes de l’orthographe, dans son enfance, est la première expérience qui lui révèle que tout ne procède pas de son vouloir immédiat. (…) La France, unique pays au monde où la question de l’identité nationale crée un pugilat. Quand Fernand Braudel a publié L’Identité de la France dans les années 1980, personne ne s’étrangla. Mais l’offuscation a remplacé la légèreté. La passion pour la discorde n’est pas récente. « La France est une affaire Dreyfus permanente » (Julien Benda). Vieille rengaine : les Blancs et les Rouges, les cathos et les parpaillots, les élites et le peuple, les Parisiens et le reste du monde. Quelle passion pour la tectonique ! (…) En politique, j’ai plus de goût pour ceux qui embrassent l’Histoire que pour ceux qui font l’inventaire. L’« inventaire » jospinien est un terme de boutiquier de Félix Potin. À l’opposé, Thérèse de Lisieux : « Je choisis tout ». Dans l’histoire de France il faut faire comme elle, tout rassembler : les quatre-vingts rois, les cinq Républiques, l’Empire, les gloires et les larmes. Louis Aragon, dans son poème Brocéliande : « Ma mémoire est un chant sans appogiatures. » Pas de bémol pour la mémoire ! Pour écrire le roman de demain, il faut aimer le récit. Ce qu’on réprouve comme ce dont on se félicite.

Sylvain Tesson, écrivain.

4 décembre 2021– Libération

(…) Paul Auster, 74 ans, consacre mille pages à un homme qui en a vécu vingt-neuf ; mais cet homme, Stephen Crane, n’est pas n’importe qui. Mort en 1990, il a contribué par ses aventures, ses articles, ses nouvelles, ses romans, à mettre la langue américaine dans le siècle et l’accélération de l’Histoire. Oreille du langage vivant et populaire, vitesse et concision de narration, cadrage serré des situations, ironie de prince, compénétration des paysages et des corps, refus des longues explications plus ou moins morales et de tout bonus sentimental : un étalon du modernisme. Et, en prime, ce démenti au décret balzacien : les noces fertiles, à égalité, du journalisme et de la fiction. (…) Auster cite « l’une des phrases les plus fortes et les plus frappantes que Crane écrivit jamais » : « Le bleu du ciel vide tapait comme un tambour. » La terre est bleue comme une orange et le cubisme est sur le front. Les images voient les sensations, et Crane, tandis que les balles sifflent autour de lui, observe la ligne que trace un palmier sur le ciel. Dans un autre récit cubain, il raconte une fièvre qui le conduit à l’hôpital. « Je développai ensuite une tendance à monter à cheval, tout en restant allongé sur mon lit de camp. Puis – je n’en suis pas certain – je crois que je rampai en gémissant autour de Siboney plusieurs jours durant. Mes collègues […] me trouvèrent et m’apportèrent tous leurs soins, mais j’ignorai si le pont de Londres s’effondrait ou s’il y avait une guerre avec l’Espagne. Aucune différence. Qu’en dire ? Rien du tout. Peut-être que tout cela se produisit. Mais je ne m’en souciais pas le moins du monde. La vie, la mort, le déshonneur, tout cela n’était rien pour moi. Tout ce qui m’importait, c’étaient les cornichons. Des cornichons à tout prix ! Des cornichons ! » Un mérite du livre d’Auster, qui fait œuvre de biographe et d’universitaire avec une sympathie d’écrivain, est de citer longuement ce qu’il analyse. Ainsi, le lecteur a-t-il deux auteurs pour le prix d’un.

Philippe Lançon – Burning boy, vie et œuvre de Stephen Crane, Acte Sud.

4 au 11 décembre 2021– Society

(…) Les jeunes femmes ne voulaient plus des vies que leur étaient destinées par les normes traditionnelles chinoises. Sauf qu’en Chine, tout est soumis à la censure. Il n’y a pas de liberté d’expression ni de droit à la manifestation. Les femmes qui veulent dénoncer une agression sexuelle ne peuvent ni aller à la police ni le faire sur la toile ou dans la rue. Et quand elles le font, c’est très dangereux, on le voit avec Peng Shuai. (…) Mais les lignes bougent. Récemment, une employée d’Alibaba a accusé son supérieur de l’avoir agressée sexuellement lors d’une soirée alcoolisée. L’affaire a suscité l’intérêt du public chinois et a contraint Alibaba à publier un communiqué dans lequel l’entreprise annonce s’être engagée contre le harcèlement sexuel. On ne sait pas si des mesures concrètes ont été mises en place, mais d’habitude, les grosses entreprises chinoises ne communiquent jamais sur ce genre d’affaires. (…) Les gens parlent sur les réseaux de manière très subtile et utilisent des métaphores, des images ou du pinyin (retranscription du mandarin en alphabet latin, ndlr). Par exemple, les mots « Me Too » ressemblent beaucoup aux mots « riz et lapin ». Donc les gens utilisent des images de riz et de lapins pour parler de #MeToo.

Lü Pin, l’une des voix majeures du féminisme chinois, aujourd’hui réfugiée à New York.

Une réflexion sur “LA SEMAINE 48 EN 7 ARTICLES

  • 9 décembre 2021 à 19 h 40 min
    Permalien

    Super sélection, une fois de plus !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Get Adobe Flash player