L’AFFAIRE @BENJAMIN GRIVEAUX, UNE AFFAIRE ÉMINEMMENT POLITIQUE

©  Dessin de Plantu, publié dans Le Monde du 18 février 2020

Benjamin @Griveaux est tombé et la démocratie a de nouveau été attaquée, deux événements dont le second est le plus important. Il y a un comportement personnel sur lequel chacun peut avoir son opinion et une confirmation politique qui nous touche tous : des acteurs organisés oeuvrent avec méthode pour attaquer et détruire notre mode de vie et salir les élections, le moment le plus important de notre vie démocratique. Ils ont le temps et les moyens. Ils sont récidivistes et ne cesseront pas. Nous avons peu de temps pour réagir et peu de moyens pour parvenir pleinement à contrer cette déstabilisation. Et pourtant, il faut impérativement s’y atteler pour tenter d’avoir une réponse efficace lors des prochains scrutins. Cette réponse ne peut être que collective par l’action des politiques, des médias et des citoyens.

Vie personnelle et vie en société

Pour commencer, à propos de « l’affaire Griveaux » deux propos illustrent parfaitement ce qui relève de la vie personnelle et de la vie en société. Le 14 février, sur le plateau de l’émission C à vous présentée par @Anne-Élisabeth Lemoine sur la 5, @Dominique Reynié*, en faisant un parallèle avec l’affaire Mila évoque : « Une privatisation de la règle. Des individus, des groupes décident qu’une règle, la leur, est au-dessus de la loi commune. Ils mettent en mouvement une procédure, une sanction. C’est leur univers, ce n’est pas le nôtre. Pourtant il s’impose dans la réalité. La puissance publique commune est attaquée et cela conduira à de la violence privée. L’étape suivante, c’est qu’il y ait des morts. En quelques années, nous sommes passés d’une très grande violence dont nous n’avions pas l’habitude, hormis dans des temps très anciens. Une violence physique s’est installée avec une récurrence tout à fait surprenante. Nous avons atteint une sorte d’hyperviolence qui est de nature à détruire un homme. On voulait, la justice, on a l’arbitraire. On voulait la lumière, on a l’obscurité la plus épaisse… Qui sont ces gens ? Pourquoi lui ? Cela on ne le saura jamais. Qui les a investis de ce pouvoir ? D’où viennent les coups ? On ne sait rien du tout. Le terme inévitable, c’est que l’on passe à une violence physique plus grande et qu’il y ait des victimes. » Le lendemain, à l’émission C L’hebdo présentée par @Ali Baddou, @Henri Leclerc**, rappelle un fait essentiel : « L’atteinte à la vie privée est toujours une violence et ce que révèle cette affaire, c’est le danger des réseaux sociaux. Les comportements dont on parle ne sont pas des comportements interdits. Le principe même de la Déclaration des droits de l’Homme, c’est qu’on ne peut empêcher ce qui n’est pas défendu par la loi. » Rappelons en effet que @Benjamin Griveaux n’a commis aucun délit contrairement à ceux qui, diffusant ou relayant les images volées et incriminées, encourent de lourdes peines***. Bien sûr, alors que l’on connaît la puissance et les nuisances des réseaux sociaux depuis plusieurs années, on peut penser comme @Serge July, ancien directeur du quotidien Libération, que « Benjamin Griveaux est un con » sans pour autant, par ailleurs, avoir un quelconque jugement moral sur son intimité. Mais se limiter à cette remarque serait faire peu de cas du vol d’images pour publication. Là encore écoutons @Henri Leclerc « Il faut préserver l’intimité de la vie privée, c’est une valeur fondamentale. Benjamin Griveaux n’a pas envoyé ces images sur les réseaux sociaux, alors quoi ? Si l’Internet n’est plus privé, si toutes les fois qu’on envoie un mail, un SMS, ces envois sont des diffusions publiques… il faut se rendre compte de la restriction des libertés publiques que cela signifierait ! ».

Jour après jour, on voit que l’ex-candidat à la mairie de Paris a été manipulé. Comment et par qui ? On ne le sait pas encore, bien que des pistes soient évoquées. Ce qui est certain, c’est que « l’artiste » russe @Piotr Pavlenski a diffusé les images privées – réceptionnées par son actuelle compagne @Alexandra de Taddeo, destinataire initiale – sur un site internet créé pour l’occasion au Canada. Diffusion illégale. Aujourd’hui, tous deux sont mis en examen. L’artiste, on l’apprendra, était recherché par la police depuis le 2 janvier après qu’il eut frappé deux personnes avec un couteau le soir du réveillon. En octobre 2017, l’artiste avait incendié un local de la Banque de France et fait 11 mois de prison pour ce fait. Il est réfugié politique après avoir produit des événementiels contre le pouvoir russe.

Une expression de la violence croissante

Depuis de longs mois, la violence s’est banalisée dans un débat politique devenu au sens propre un combat. Le mot guerre a même été utilisé. Des permanences politiques d’élus de #La République en Marche (#LReM) sont fréquemment saccagées. Parfois leurs lieux d’habitations ou leurs véhicules sont souillés. Les bâtiments publics et les monuments de la République n’échappent pas à la destruction : Arc de Triomphe, statue du maréchal Juin, porte fracturée et intrusion du ministère du porte-parole du gouvernement… Benjamin Griveaux, préfecture de la ville du Puy-en-Velay… sans compter les centaines de vitrines, enseignes symboliques de « la richesse » (banques, boutiques de luxe, …) ou celles de modestes commerçants. Une manifestation a tenté de s’approcher de l’Élysée et certains activistes invitaient à l’investir. Toutes ces actions ne sont pas à l’initiative des seuls casseurs professionnels comme les black-blocs, mais le fait de certains « gilets jaunes » exaltés samedi après samedi dans leurs manifestations sans autre but concret que la démonstration « de force ». Quand il faut survivre par le geste plutôt que par le nombre, la violence est un moyen. Les manifestations sont qualifiées de « révolutionnaires » par certains organisateurs tels que @Laurent Brun, responsable de la fédération Cgt des Cheminots et membre du #Parti Communiste Français (#PCF). Nul étonnement à voir, brandie sur des piques, l’effigie d’Emmanuel Macron, ou sa lapidation, ou encore l’ouverture d’une collecte pour la construction d’une guillotine. Ces agissements ne frappent pas seulement un homme mais un des piliers de notre système démocratique : l’élection de représentants du peuple tout entier. La symbolique d’appel direct « au sang » peut verser à terme dans le sang réel. L’effarant est de constater que des député(e)s participent à ces simulacres d’exécution.

Des forces politiques en pointe dans l’œuvre de déstabilisation

L’extrême-droite et l’extrême-gauche se retrouvent en ces occasions avec le même objectif : multiplier les brèches dans la démocratie représentative qui ne leur accorde pas des suffrages à la hauteur de leurs espérances. Concernant l’extrême-droite nous avons vu les tournées européennes de l’américain @Steve Bannon, le mentor raciste et populiste de @Donald Trump, rencontrant et soutenant dans leurs efforts, le premier ministre hongrois @Vicktor Orbán et son parti le Fidesz, @Matteo Salvini, secrétaire fédéral de #La Ligue, @Marine Le Pen, présidente du #Rassemblement national (#RN) – il déclara « Marine Le Pen finira par gagner » –, @Marion Maréchal, petite-fille de @Jean-Marie Le Pen, ex-députée du #Front National (#FN), le #Parti pour la liberté de @Geert Wilders aux Pays-Bas, l’#AfD (l’extrême-droite allemande) parti avec lequel il avait trouvé la conversation “fascinante“. L’architecte de la victoire du président américain a échoué à voir les eurosceptiques se rassembler autour de sa propre organisation #Le Mouvement – « Tout ce que j’essaie de faire, c’est une infrastructure pour un mouvement populiste mondial » –, mais les liens restent étroits entre tous. Le Livre noir de la Ligue, écrit par deux journalistes italiens de L’Espresso, révèle que l’un des entremetteurs entre le #Kremlin et #La Ligue n’est autre qu’@Alexandre Douguine, philosophe d’extrême-droite, antisémite à souhait… vieil ami de @Bannon. Il y a bel et bien une « internationale » qui vise à la déstabilisation de l’Europe. @Steve Bannon a-t-il pesé sur les élections qui se sont déroulées récemment en Europe et sur la stratégie des partis d’extrême-droite, c’est difficile à dire. Mais remarquons que l’#Afd a réalisé des scores inédits en Allemagne et que la CDU, en Thuringe, a accepté une alliance avec le parti dont les leaders ne cachent pas leur sympathie pour le nazisme. Heureusement, ce véritable tsunami dans la vie politique allemande n’a duré que quelques heures suite à la pression de l’opinion et de la chancelière @Angela Merkel. @Steve Bannon est un stratège de grande efficacité et il est aussi un véritable expert de la manipulation des réseaux sociaux pour intervenir lors des élections. Nul ne peut douter que l’homme qui se vantait de voir « Paris en flammes » lors des manifestations des « #gilets jaunes » peut agir avec efficacité quand il le veut dans ce domaine. Il a su faire en sorte que des digues tombent en Allemagne… pourquoi s’arrêterait-il en si bon chemin ? Concernant l’extrême-gauche, nous avons vu rapidement la place importante prise par l’extrême-gauche dans les manifestations des « #gilets jaunes ». Il y a eu les actions des black bloc et autres ZADistes ou membres de l’« ultragauche » en tête des groupuscules violents. Mais est aussi apparu plus largement un vocabulaire syndical et politique s’éloignant des principes du débat politique classique. Ainsi @Laurent Brun, secrétaire général de la #CGT cheminots et membre du #Parti Communiste Français (#PCF), s’adressant au secrétaire d’État aux transports, @Jean-Baptiste Djebbari, « Écoutez. Personne ne gagne une grève par KO. Je suis capable d’assumer de vrais compromis mais vous ne m’en proposerez jamais. Donc ce sera la guerre totale. Jusqu’à la fin. La SNCF sera par terre mais l’appareil [de la CGT, NDLR] sera debout. La guerre à outrance n’est pas pour me déplaire. La seule sortie possible, c’est la révolution. » L’avenir dans les ruines ? Lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, la députée #LFI @Mathilde Panot a déclaré « Vous n’êtes finalement pas un gouvernement, mais une association de malfaiteurs organisés pour voler les Français. » Souvenons-nous aussi de la déclaration de @Jean-Luc Mélenchon après les vœux du président de la République « Ce ne sont pas des vœux mais une déclaration de guerre aux millions de Français qui refusent sa réforme. » En guerre #LFI accueille avec bienveillance tous ceux qui mènent le même combat et son leader est le premier à louer de biens étranges rapprochements « Même Madame Le Pen dit qu’il faut manifester, c’est un grand progrès : d’habitude, elle passe son temps à chercher des pouilles aux arabes et aux musulmans. (…) Elle est en train de faire un progrès, en quelque sorte, en direction de l’humanisme. ». Une reconnaissance par Jean-Luc Mélenchon d’une part d’humanisme chez Marine Le Pen, que signifie cette alliance des apparents « contraires » ? Tout simplement qu’en temps de guerre, pour abattre l’ennemi principal on n’est pas regardant sur les valeurs de ses soutiens. L’Histoire française nous a montré que certains « rouges » ont viré carrément « bruns » lorsqu’il s’agissait de combattre la liberté au nom d’idéologies totalitaires. Les historiens ont montré que certains maillons des ADN respectifs étaient communs. Ceci expliquant cela. Il faut ajouter d’autres rapprochements, notamment de personnalités de gauche, en particulier avec l’islamisme radical. Ainsi lors de la manifestation contre l’islamophobie du dimanche 10 novembre 2018 où des responsables et personnalités nationales défilaient auprès d’Eljay Rachid, imam et conférencier, signataire de l’appel du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) association proche des Frères musulmans. Ce dernier était pourtant connu pour avoir déclaré : « Une femme qui sort sans son hijab, attribut de la pudeur de la femme, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes musulmans ou non musulmans abusent de cette femme-là, la négligent, et l’utilisent comme un objet. » **** Les islamistes radicaux, notamment par leur maîtrise des réseaux sociaux, savent lever des « soldats » pour réaliser des attentats sur notre sol. Cette guerre n’a qu’un but, diviser les français en faisant porter la responsabilité sur les musulmans, alors que la très grande majorité de ces derniers n’aspire qu’à vivre dans une société apaisée dans le respect de toutes les religions. Extrême-droite, extrême-gauche, islamistes radicaux, tous n’ont pas les mêmes visées à long terme, mais se retrouvent sur les objectifs de court terme : faire tomber Macron, saper les fondements de la démocratie. Ces tenants du « soft power », qui osent se réclamer du philosophe italien communiste et antifasciste Antonio Gramsci, utilisent la violence, verbale et physique, pour propager une haine qu’ils espèrent voir investir toute la société. Le paradoxe n’est qu’apparent. Le maillage entre ces acteurs s’est affirmé avec le langage « dégagiste » dominant ces dernières années. Les « gilets jaunes » l’ont porté, si l’on ose ainsi parler, jusqu’à sa plus haute expression. Le dégagisme est la base de la subversion, cette technique éprouvée de l’affaiblissement du pouvoir et de la démoralisation des citoyens*****.

Un objectif commun central

On peut penser que « faire tomber » Benjamin Griveaux n’était qu’un pion à coucher sur un échiquier où le « jeu » va se poursuivre. Les pratiques de manipulation de masse à visée totalitaire, cherchent jour après jour à dessiner comme seul recours à la « chienlit », qu’elles ont provoquée habilement, une sortie de crise qui ne peut s’incarner que par un pouvoir autoritaire. Comprendre avec « l’élection » d’un sauveur qui, enfin, serait un “vrai” chef. L’Histoire nous l’enseigne avec la dictature du parti communiste de Lénine, celle du parti fasciste de Mussolini, et celle du parti nazi, parti national-socialiste des travailleurs allemands, d’Adolf Hitler. Très rapidement le peuple, le vrai, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens composant une nation, s’est vu confisqué ses aspirations pour vivre sous le joug des pires dictatures du XXe siècle. L’Histoire ne se répète jamais, mais on sait qu’elle peut bégayer. La puissance des réseaux sociaux où chacun, en quelques secondes, peut voir sa parole mise au même niveau que celle du président américain et devenir mondiale ; où la création d’un réseau de sites créé dans l’anonymat le plus complet peut « inonder » d’immondices et de fake news un événement ou une personne est de la plus grande facilité. Autant de pratiques qui donnent des bottes de sept lieues aux manipulateurs. Il ne manquera jamais d’esprits simples pour emboîter le pas et s’exposer en pensant – puissance du selfie d’autosatisfaction narcissique – devenir des leaders alors qu’ils ne sont que des nains de la pensée et des jouets d’un système qui les dépasse et les utilise. Les vrais instigateurs sont sans foi ni loi car leur but final, la destruction « des élites » – dont ils sont le plus souvent – ne doivent pas, pour aboutir, lésiner sur les moyens. Ils agissent méthodiquement pour faire avancer leur idéologie dévastatrice.

Retrouvailles d’idées et projets d’actions

Ainsi @Alexandra de Taddeo, la compagne de @Piotr Pavlenski, récipiendaire des photos de @Benjamin Griveaux s’intéresse de près à la politique depuis longtemps. Elle est membre du Conseil parisien de la jeunesse initié par la maire de Paris @Anne Hidalgo. Elle a aussi contacté, sans réponse de sa part, @Gaspard Gantzer, l’un des candidats à l’élection municipale et ancien conseiller du président de la République @François Hollande. Ceci pour dire qu’elle a un certain talent pour plonger dans un vivier où établir des connaissances politiques. De la même manière, elle saura se faire remarquer de l’avocat @Juan Branco, militant activiste d’ultragauche… sur place lorsqu’un bulldozer conduit par un « gilet jaune » enfonçait la porte du ministère de @Benjamin Griveaux. Avocat, il le fut de Jean-Luc Mélenchon et avait été désigné candidat de @La France Insoumise (#LFI) aux élections législatives de 2017 dans la circonscription de Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. En conséquence, lorsqu’au réveillon de 2019 elle fait part à l’avocat d’une « importante action », c’est-à-dire la possibilité d’agir avec les vidéos de @Benjamin Griveaux, elle pense probablement que ses propos ne tomberont pas dans l’oreille d’un sourd. @Piotr Pavlenski, lui, sera tout à l’écoute. Nouveau compagnon d’@Alexandra de Taddeo, il imagine le site Pornopolitique.com qui diffusera les images reprises dans la foulée par des sites de « gilets jaunes ». Il n’y a rien d’étonnant dans cette filiation quand on sait que @Juan Branco est l’avocat du « gilet jaune » Maxime Nicolle, alias « Fly Rider ». L’homme à la casquette inversée qui ne vole guère haut mais roule sur le bitume au volant d’une BMW cabriolet lors d’une manifestation du collectif « Résistance » organisée en Italie pour rencontrer à #San Remo @Luigi Di Maio, leader du #Mouvement 5 étoiles. @Juan Branco ne manque pas d’amis. Ainsi comme l’écrit #Le Monde du 18 février « Nous sommes dans la soirée du jeudi 13 février. À Paris, au Théâtre du Rond-Point où Juan Branco vient de donner une nouvelle conférence, cette fois avec l’écrivain @Alain Damasio, l’avocat montre les vidéos à son préfacier @Denis Robert et aux convives qui partagent sa table au restaurant. » Quelques heures plus tard, la vague des relais sur Twitter commence et #Le Monde précise « Voilà les vidéos postées sur le site Pornopolitique.com, créé quelques semaines plus tôt par Piotr Pavlenski. Elles sont aussitôt reprises par des sites de « gilets jaunes ». Mais ce sont deux Tweet renvoyant vers Pornopolitique.com qui leur donnent une audience plus large. Le premier est l’oeuvre de l’ex-urologue et chroniqueur à L’Express Laurent Alexandre. Le second du député Joachim Son-Forget, exclu de La République en marche (LRM) à la suite de propos sexistes, avant de s’afficher sur Twitter avec Marion Maréchal, puis de tenter de faire d’Alexandre Benalla son assistant parlementaire. »

Des questions en suspens

1/ Pourquoi @Alexandra de Taddeo a-t-elle conservé si longtemps les vidéos de Benjamin Griveaux et quelles furent ses motivations à les montrer à son nouveau compagnon @Piotr Pavlenski ? Uniquement de l’exhibitionnisme ?

2/ Quel est vraiment le rôle de @Juan Branco ? Le bâtonnier de Paris, Maître @Olivier Cousi a ouvert une enquête déontologique sur l’avocat et lui a demandé de renoncer à défendre @Piotr Pavlenski.

3/ Comment sérieusement expliquer que la police, en recherche de @Piotr Pavlenski depuis deux mois, ne l’ait pas rapidement arrêté, au moins dès sa première apparition à la télévision ?

4/ Qui a créé le site #Pornopolitique.com au Canada, puisque l’on nous dit que @Piotr Pavlenski n’en a pas les compétences ?

5/ Les responsables d’Internet ne peuvent-ils pas interdire l’ouverture de sites ouvertement pornographiques comme Pornopolitique.com ?

6/ Peut-on bloquer d’autres images, d’autres vidéos qui visent le même but puisqu’on peut lire qu’elles existeraient visant de nouveau @Benjamin Griveaux, mais aussi d’autres personnalités.

Des espérances possibles

1/ Les responsables politiques vont-ils considérer que leurs comportements privés – et pas seulement sexuels – peuvent être piratés s’ils n’ont pas un minimum de prudence avec l’utilisation des réseaux sociaux dont beaucoup ont une utilisation compulsive.

2/ Souhaitons que la justice fasse clairement appliquer la loi, après personnalisation des peines comme il se doit en droit, auprès des mis en examen.

3/ Les médias, qui ont bien réagi et réussi à faire digue contre l’odieux, seront-ils durablement vaccinés contre la réaction immédiate privilégiant l’émotion à la raison même s’il s’agit d’événements moins graves et inadmissibles ? Notamment lors des semaines qui précèdent toute élection, moment où les coups les plus tordus peuvent fausser le vote.

4/ Des actions politiques et des outils techniques adaptés devraient être mis en œuvre pour mettre fin à la diffusion initiale ou par copie d’images à caractère pornographique sur les réseaux sociaux.

Personne ne peut dire aujourd’hui qui sont les véritables responsables de cette publication-propagation d’images qui ont mis fin au parcours démocratique d’un candidat postulant à la fonction de maire de Paris. Mais le temps viendra. Sont-ce ceux qui sont mis en examen, l’artiste qui reconnaît les faits et sa compagne qui nie être impliquée dans la diffusion, ces anarcho-nihilistes ? Sont-ils seuls ? Ont-ils impliqué d’autres personnes ? Sont-ils manipulés ? Par des Russes ou des Ukrainiens … manipulés par des Russes ? Peut-être, mais, s’il se confirme qu’il s’agit d’une machination politique plus large que celle déjà révélée, ils peuvent être autres. La stratégie du « Kompromat », bien que d’origine russe, a depuis, fait bien des émules. 

*Dominique Reynié, politologue, professeur à Sciences Po, directeur de la Fondation pour l’innovation politique.

** Henri Leclerc, avocat, ancien président pour la défense des droits de l’homme et du citoyen.

*** Le fait de transmettre ou diffuser, sans le consentement de celle-ci, l’image ou la voix d’une personne, quand l’enregistrement, l’image ou la vidéo sont « sexuellement explicites » est puni de deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende.

****Voir l’article « La gauche, l’islamophobie et la « textostérone » pavlovienne » publié sur ce blog le 8 novembre 2018.

*****Roger Mucchielli, La subversion, C.L.C (1976)

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