Ça va mieux en le disant… Pourquoi ?

Tout est politique, tout est communication dit-on… Le propos est ancien. Pourtant les moments les plus importants de notre vie n’en relèvent guère ou si peu. Toutefois, on ne peut nier que nous baignons largement, dans les pays démocratiques, dans un environnement où politique, communication et médias forment un courant puissant. Pour nous éclairer en tant que citoyen ? Ce n’est pas certain. En effet, notre idéal démocratique est sapé par une montée régulière de la défiance… justement vis-à-vis du monde politique et des médias. Deux univers intimement liés et « sensibles »à l’émotion permise à grande échelle par Internet. Les sentiments immédiats envahissent les esprits à la vitesse de l’éclair. Des poussées de fièvre au détriment de la prise de recul et de l’analyse des faits. Avec « Les Dircoms » *, ouvrage publié avec mon ami Robert Tixier-Guichard trop tôt disparu, nous avions exploré les risques pour la démocratie qui surgissaient avec la montée en puissance des Directeurs de communication, certains s’imaginant être les nouveaux dirigeants des affaires et même… du monde. Nous savions avoir « mis de côté », en quelque sorte épargné, nos confrères journalistes d’alors. Pourtant les contradictions secouaient déjà les médias… et c’est peu dire que nous étions loin d’imaginer les conséquences sur les consciences des radios et télévisions d’information continue, et plus encore celles des fils “d’information” numériques sur les réseaux considérés comme sociaux. Parallèlement, le marketing des médias s’est développé de manière vertigineuse et l’importance de « la vente » des informations est considérée comme plus décisive pour la survie – et la rentabilité – que les faits eux-mêmes. Sans compter avec les dévastatrices infox (fake news) qui agitent la toile et prend dans ses fils jusqu’à de hauts responsables politiques qui en trébuchent et déraillent. Quand ils n’en jouent pas contre l’information comme le président américain.

Les pouvoirs et la presse ont toujours été au cœur du débat démocratique, ils en sont même, avec les citoyens, les nécessaires poumons. Mais en matière de responsabilité et de transparence, les enjeux actuels sont nouveaux.

Avec danielchaize-infodebat.me j’aimerais éclairer l’importance des différents métiers qui fabriquent l’information, informer sur cette économie fragile et en plein bouleversement technologique. De la même manière, je souhaite pointer les jeux troubles et pervers qui se jouent entre les parties, pouvoirs et médias, en responsabilité égale selon moi. Les premiers, davantage encore quand ils sont au gouvernement, n’ont jamais accusé à ce point les journalistes et tenté de « maîtriser » les médias. Les médias, de leur côté, n’ont jamais autant poussé les feux de l’exagération et de la simplification dans un rythme insensé d’accélération continue. Cela même au moment de leur faiblesse économique accrue et de leur dépendance à l’information instantanée. Leur capacité d’analyse et de crédibilité est durement entamée. Je souhaite, avec des exemples, du petit fait apparemment anodin à “l’énormité” sans gêne, avec des chiffres clés ou des infographies, informer et questionner le lecteur-citoyen-électeur. De mon point de vue, les fines couches superposées jour après jour d’informations “d’émotion” et provenant de sources souvent peu sûres, aboutissent, à la longue, à construire des univers qui enferment la pensée. À lire hâtivement, à privilégier les titres-tweet et les “break-news” qui allument nos smartphone, nous devenons lentement prisonniers de la fausse réalité de la répétition, comme si nous vivions dans le village Potemkime. Décors de carton pâte proposés à la vue de l’impératrice Catherine II en voyage en Crimée, ils lui cachaient la pauvreté de son empire. Notre toile d’araignée aux fils numériques nous prend dans ses réseaux et peut dévorer notre capacité critique si l’on n’y prend garde. Les infox en sont la plus terrible expression par leurs dégâts. D’où des interrogations utiles : quelles sont les attentes du lecteur ? Est-il encore disposé à payer pour s’informer et pour quelle information ? Quant aux hommes de pouvoir (dirigeants et élus), pourquoi se jettent-ils autant dans la communication simplificatrice. N’abondent-il pas, par leur comportement “réactifs” et “suivistes’ à la défiance croissante qu’ils se voient opposés? La fin du citoyen-électeur conscient ne s’annonce-t-elle pas au profit de masses de “citoyens-contestataires” aux réactions nécessairement vives pour “en être”, en être pour se prouver à soi-même qu’on existe, en être de l’audience mondiale censée représentée un humeur dominante ? Les petits ruisseaux d’eau sale deviennent très vite des fleuves boueux. Informations, débats… les sujets ne manquent pas. J’en présente ici certains grâce à la presse qui demeure, envers et contre toutes les idées reçues sur elle et les attaques qu’elle subit, un indispensable pilier de nos démocraties. Je choisis donc des sujets qui me semblent riches d’information et de questionnements sur les médias et la politique. Dans les rubriques, je les livre de manière “brut”, de manière factuelle sans commentaires. Dans les articles, je donne mon point de vue. Aux lecteurs de se faire le leur. Rien n’est pire que la défiance qui pourrit les sociétés, mais selon moi, toute lecture critique aide à la reconstruction de la confiance.

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