LA SEMAINE 16 EN 7 ARTICLES

1/ Le 1 hebdo – Les fréquentations politiques douteuses; 2/ Le Point  – L’électeur sans cerveau ; 3 / L’OBS – Vote blanc et vote noir ; 4/ L’Express – L’immaturité démocratique ; 5/ Challenges – Satisfaire le plus grand nombre ;  6/ L’Opinion – Le poids du centralisme; 7/ Le JDD – Frontière et modèle de civilisation.

20 avril 2022 – Le 1 hebdo

(…) Est-ce vraiment dans l’intérêt de la France – au moment où la guerre est de retour en Ukraine, au moment où la principale menace pour la sécurité de l’Europe et du monde est la Russie – de privilégier le rapprochement avec Moscou, comme elle le dit, une fois que la paix sera signée ? Il y a, me semble-t-il, une contradiction majeure entre les exigences du temps présent et l’amateurisme idéologique de Marine Le Pen. C’est au moment où l’on a le plus besoin de l’Europe, de nos alliances traditionnelles pour équilibrer les ambitions irresponsables de Poutine, qu’on irait regarder de son côté ? Avec, qui plus est, un argumentaire très pauvre, puisqu’il faut selon elle tout faire pour éviter de mettre la Russie dans les bras de la Chine, alors qu’en réalité, c’est déjà fait ! Se rapprocher de Moscou pour éviter que Moscou ne se rapproche de Pékin, c’est une erreur de chronologie ou une faute d’inattention. Marine Le Pen conjugue là amateurisme géopolitique et péché idéologique. (…) Elle ne parle plus de quitter la zone euro, mais sa vision économique, ses choix budgétaires et ses choix géopolitiques placeraient la France, si elle arrivait au pouvoir, en porte-à-faux complet avec le reste de l’Union européenne. En réalité, au niveau des valeurs, des accords, du vécu de l’Union européenne, l’arrivée de Marine Le Pen à l’Élysée serait un séisme pour l’Union. Et je suis très frappé de voir à quel point on trouve chez certains électeurs de droite une tendance à minimiser les conséquences négatives qu’aurait son accession au pouvoir. Pour moi, cela traduit l’existence d’une pensée d’extrême droite qui s’est répandue dans la droite et qui, comme un poison dans le fruit, l’a pervertie. Marine Le Pen a adopté une ligne d’ambiguïté structurelle à l’égard du projet européen, et nous ne saurions être dupes de ces évolutions, qui sont purement de façade. Certains ont parlé de « village Potemkine ». C’est tout à fait mon ressenti. Sur le fond, rien n’a changé, mais sur la forme, il s’agit de ne pas désespérer les électeurs qui auraient peur d’un changement trop grand. (…) Marine Le Pen a en effet réussi à faire passer l’image d’une Marianne protectrice : ce n’est pas ce que dit Marine Le Pen qui rassure les Français, c’est la perception de ce qu’elle est. Tandis qu’Emmanuel Macron, avec son profil de jeune homme trop brillant, peine à renvoyer une image dont la population peut se sentir proche. Alors que, sur le fond, c’est l’inverse. La politique proposée par Marine Le Pen est profondément inquiétante, avec un amateurisme particulièrement frappant au niveau économique et géopolitique, et représente un danger bien réel au niveau politique. À un moment donné, on doit juger les personnalités politiques à partir de leur fréquentation, et les fréquentations de Marine Le Pen me paraissent douteuses. Il ya Poutine, bien évidemment, mais aussi Orbán. Et l’introduction d’une démocratie illibérale en France serait une catastrophe pour les Français, pour l’Europe et pour la cause de la démocratie. Peut-être que lorsqu’on a toujours connu la liberté, on a du mal à comprendre ce que son absence peut signifier. Mais il suffit de regarder ce qui se passe en Hongrie pour être inquiet.

Dominique Moïsi, cofondateur de l’Institut français des relations internationales (Ifri) et conseiller spécial de l’Institut Montaigne, propos recueillis par Julien Bisson

21 avril 2022 – L’OBS

(…) Parallèlement les électeurs de Trump faisaient du porte-à-porte pour convaincre la population de soutenir leur leader. Hillary était donnée gagnante même par ceux qui promouvaient le vote blanc. Pourquoi alors voter pour elle ? Le verdict fut le contraire. Trump l’emporta. Si on applique cette analyse à la campagne présidentielle française, nous voilà dans le « ni Macron ni Le Pen » professé par les doctrinaires du vote blanc. Or on n’a pas demandé au peuple d’écarter les deux candidatures qui restent et qui ont été librement choisies par les Français. La démocratie n’est pas une addition de frustrations, encore moins une charge portée par ceux dont les candidats n’ont pas reçu le ticket pour la finale et qui voudraient subrepticement installer le chaos. Il ne s’agit donc pas de « ni Macron ni Le Pen », il est question de « Macron ou Le Pen ». Constitutionnellement, le « ni ni » est un coup d’épée dans l’eau, et le message qui en découle ne satisfait que leurs auteurs. Je discutais encore avec des Congolais sur cette question du vote blanc. Leur avis était unanime : ce vote est un caprice de ceux qui ne savent plus que faire de leur pouvoir de citoyen. Un peu comme si ces électeurs étaient gavés et jouaient avec leur nourriture pendant qu’ailleurs les gens meurent de faim. Même constat chez d’autres sœurs et frères de certaines contrées de l’Afrique subsaharienne qui rêveraient de bénéficier un jour du luxe de voter blanc. Pour l’heure ils ont l’obligation de voter pour le président qui squatte le pouvoir depuis plus de trois décennies. Et c’est ce qu’ils appellent là-bas le « vote noir »…

Alain Mabanckou, écrivain. 

21 avril 2022 – Challenges

(…) Quel est l’intérêt d’un homme politique, une fois qu’il est au pouvoir ? Se faire réélire ? Sans doute, quand c’est possible. Mais aussi, parce que l’amour-propre s’y mêle, laisser une trace positive dans l’histoire, être estimé de ses pairs, être aimé, voire admiré, de ses concitoyens… Pour cela, que doit-il faire ? Défendre les intérêts de son pays, faire reculer le chômage, contribuer, le mieux qu’il peut, à la paix, à la justice, à la prospérité… C’est le coup de génie de la démocratie : l’intérêt d’un gouvernant, s’il veut être réélu ou simplement estimé, c’est de gouverner au mieux, pour satisfaire le plus grand nombre. Que beaucoup y échouent, c’est une affaire entendue. Mais qui peut croire qu’ils le fassent exprès, pour satisfaire les intérêts supposés des plus riches, dont le poids électoral est faible ? (…) La politique de l’offre s’est avérée plus efficace que celle de la demande. Les riches en profitent ? Ce n’est guère étonnant. À nous de veiller, en tant qu’électeurs, à ce que les pauvres et les classes moyennes en profitent aussi et le plus possible. C’est une exigence morale en même temps qu’une nécessité politique. C’est aussi l’intérêt de Macron. Comment imaginer qu’il y renonce pour satisfaire, comme on l’en accuse sottement, « ses amis les riches » ? Dans une démocratie, ce sont les plus nombreux qui l’emportent. C’est donc eux qu’il faut servir d’abord, le plus efficacement possible. L’amitié n’a pas grand-chose à voir là-dedans. Le pragmatisme, si.

André Comte-Sponville, philosophe et éditorialiste.

21 avril 2022 – Le Point

On l’a vu après la crise bancaire de 2008 : de nombreux mouvements politiques associaient des raisonnements d’extrême droite à des motifs plutôt de gauche, comme l’appel aux gens simples qui travaillent dur et se retrouvent souvent les mains vides après une vie de labeur. On a pu déceler des phénomènes comparables dans les années 1930. La différence, c’est que les gens simples d’alors n’avaient pas bénéficié du généreux « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron. Sur ce point précis, il n’est pas exagéré de dire que les gens qui viennent de profiter financièrement du soutien de l’Élysée pendant cette crise du Covid-19, un soutien dont nul Européen n’a bénéficié à ce point, manquent un peu de reconnaissance… 

(…) Le bloc extrémiste, incarné par Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, est désormais majoritaire en France, à près de 55 %. Idéologiquement, il est assez cohérent : poutinophile, antieuropéen, antiaméricain, antimondialiste, et détestant les « élites ». La France est-elle toujours ce « pays philosophique » que vous aimiez ?

Oui, sans nul doute, la France est encore un pays « philosophique », dans le sens où les Français n’ont pas complètement perdu leur goût des débats autour des idées abstraites. Mais la France est aussi ce pays où le premier tour de la présidentielle donne lieu à un phénomène que je ne cesse de constater avec un souci croissant. Un terrible carnaval un peu rabelaisien s’y déroule, où les Français prennent plaisir à se déboutonner. Tous les cinq ans, c’est comme s’ils profitaient de l’occasion pour laisser tomber tout tact politique, toute réflexion stratégique, en se vouant à une sorte d’« expressionnisme » sans limites. Il ne s’agit plus alors de voter avec son cerveau, en vue d’un résultat dont on peut assumer la responsabilité, mais de voter, dans une forme d’hystérie abstraite, avec ses entrailles. Un carnaval accéléré par la pression des réseaux sociaux, qui organisent et amplifient la désinhibition. Freud n’est pas le seul auteur à nous rappeler que ce que l’on appelle la civilisation n’est au fond qu’un mince vernis de conventions sur des énergies primitives latentes, toujours prêtes à entrer en éruption. Avant les élections, il a été fait à Emmanuel Macron un procès en « illégitimité », et rarement on a vu un président aussi haï. Expliquez-vous cette détestation par le fait qu’en France la guillotine n’est jamais loin ? Lui-même en convient, d’ailleurs, dans l’interview qu’il a accordée au « Point »… N’êtes-vous pas surpris par la haine qu’il suscite ? Y compris dans la jeunesse qui occupe et saccage la Sorbonne parce qu’elle refuse de choisir entre Le Pen et Macron ?

Il faut mettre ces événements de la Sorbonne sur la note du grand festin « carnavalesque » dont je parlais. Quatre jeunes sur dix ne se sont pas déplacés jusqu’aux urnes, n’est-ce pas ? Quand on est jeune en France, en 2022, le monde semble être un restaurant où il faut absolument refuser le plat du jour. Un autre menu est possible ! Quant à la haine que suscite Emmanuel Macron, elle ne me surprend pas. Il n’a pas été l’élu d’une majorité convaincante. Sa percée a eu lieu en France à un moment où la fatigue des jeux politiques ordinaires atteignait un sommet aussi dangereux que compréhensible. Il est apparu en 2017 comme un fantôme prometteur – mais face à une scène politique qui massivement, dès le début, ne souhaitait que son échec. C’est à croire que, en France, on refait des rois pour pouvoir leur trancher la tête autant qu’on veut. La France semble être restée un pays structurellement royaliste, mais seulement pour cultiver un royalisme négatif. (…) Et Macron, face à tout cela ?

On lui en veut d’avoir compris le malheur français. En 2017, tout le monde voulait en finir avec ce jeu politique trop connu : on demandait du nouveau, et Macron est apparu, tout jeune deus ex machina. Si ses débuts ont été caractérisés par sa volonté d’incarner l’homme fort que le pays cherchait aussi, la vérité est qu’il était trop jeune et pas suffisamment barbu pour le rôle jupitérien qu’il rêvait de tenir. C’est un humain trop palpable, usant d’un charme trop subtil qui, s’il agit sur beaucoup de gens, provoque aussi des réactions négatives, et même, ensuite, une forme de dépit amoureux. La gauche le déteste en raison de ses compétences économiques, et la droite hait son européisme. Même sa gestion très remarquable de la crise du Covid n’a pas calmé les ressentiments. Pas assez fort, Macron, pour produire les miracles qu’on attend depuis les beaux jours de Mitterrand, qui décevait les espoirs à sa façon : royale. À l’heure actuelle, on dirait que les Français semblent se demander si Marine Le Pen n’a pas « les couilles » qu’ils cherchent, selon la belle expression gauloise.  (…) Pourquoi le libéralisme ne fait-il plus rêver ? Ni même la liberté ? En France, le sociologue Jean-Claude Kaufmann a récemment publié un livre intitulé « C’est fatigant la liberté… Une leçon de la crise », où il évoque une « civilisation du pyjama »… Serait-ce aussi une explication de l’esprit du temps ? La liberté est devenue fatigante, alors le libéralisme aussi ?

Un bon mot de Karl Lagerfeld me vient à l’esprit : « Celui qui sort de sa maison en vêtement de jogging a perdu le contrôle de sa vie. » Beaucoup de gens, c’est vrai, semblent être à la recherche, en ce moment, de la perte de contrôle. Ils veulent pouvoir se laisser aller sans devoir regretter les conséquences de leur comportement décontracté. Le libéral, au contraire, c’est quelqu’un dont la raison d’être tient en cette phrase : « Être en vie, c’est être en forme » et être en forme, c’est être prêt à servir à quelque chose, à se rendre utile, à donner aussi… Mais hélas le libéralisme a été abîmé, en France comme presque partout ailleurs, par une fiscalité qui fait passer ceux qui donnent le plus en débiteurs qui ne donnent pas assez. 

Peter Sloterdijk, philosophe, propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot

22 avril 2022 – L’Opinion

(…) La demande adressée au citoyen par l’État est si forte qu’il a le sentiment de ne jamais recevoir autant qu’il a donné, quand bien même il est généreusement dédommagé. Autrement dit, les taux records de prélèvements et de dépense publique de la France se soldent aussi par un des plus hauts taux de mécontentement du monde envers l’État. Quelque chose ne fonctionne pas. Il ne s’agit pas seulement d’un déséquilibre financier : il y a un déficit d’écoute, de reconnaissance, de représentation politique. Et parfois, ça explose. Le mouvement des Gilets jaunes a commencé avec le prix de l’essence et a pris de l’ampleur avec la contestation de l’État. Les Gilets jaunes ont marqué la première partie du quinquennat Macron, mais ils ont été singulièrement absents de la campagne présidentielle, pourquoi ? C’était pourtant un événement fondateur, qui aurait dû nous permettre de questionner l’État, son fonctionnement, ses institutions. Il y avait un paradoxe dans la revendication : les Gilets jaunes voulaient plus de services publics mais moins d’État… Et cela s’est réglé par des chèques, qui n’ont pas apporté de satisfaction à la revendication profonde, c’est-à-dire un besoin de reconnaissance. Si aucun politique ne voulait vraiment s’en revendiquer – ce qui est compréhensible tant le mouvement était composite, mêlant extrême droite et extrême gauche –, aucun n’a eu la modestie de dire « ce n’était pas mon mouvement, mais il a secoué l’État, le pays, cela mérite qu’on y revienne, soit pour parler soit aux Gilets jaunes, soit, d’ailleurs, à ceux qui ne les aimaient pas ». Qu’Emmanuel Macron n’en parle pas se comprend, c’est une tache sur son mandat. Mais les autres ? Le traitement politique des Gilets jaunes dans cette campagne valide ce que pensent les manifestants : on ne les écoutait pas tant qu’ils ne cassaient pas, on ne les écoute plus quand ils ne cassent plus. (…) Emmanuel Macron est sans doute le premier Président ouvertement pro-entreprise de la Ve République. On peut lui reprocher beaucoup de choses mais il se tient à l’idée que la croissance, c’est l’emploi et la réduction de la dette. Cela ne fait pas la une des journaux, mais il a beaucoup fait pour les entreprises. Il a ainsi libéré la parole en France : on sait désormais qu’une part importante de nos concitoyens n’est pas anticapitaliste, des libéraux osent désormais se dirent libéraux. On peut aimer l’entreprise, le secteur privé, ce qui était loin d’aller de soi. Cela a mis en relief, aussi, le contraire. On sait que la France n’aime pas ses riches, mais Emmanuel Macron a fait apparaître l’envie sociale qui anime une partie du pays. Celle-ci aimerait que les riches soient moins riches, même si elle-même ne l’est pas plus. C’est détestable, d’autant plus que cette envie sociale se trompe de cible : il existe vraiment une France délaissée, loin de Paris, du centre politique, médiatique, mais ce n’est pas un effet de la richesse. C’est un effet de la centralisation extrême du pays. La capitale aspire les forces intellectuelles, culturelles, économiques de tous les autres centres urbains. Elle dévitalise les régions. On « monte » à Paris, on en redescend difficilement. Il est frappant de constater, par exemple, que même dans une ville comme Lyon, il n’y a pas de paysage médiatique construit qui pourrait faire contrepoids à celui de Paris. C’est plutôt contre cela que la France devrait être en colère.

Laetitia Strauch-Bonart, normalienne, journaliste à l’Express.

21 avril 2022 – L’Express

(…) Le retour du septennat, la proportionnelle intégrale… Emmanuel Macron se dit prêt à étudier ces différentes voies. Bien sûr, l’avènement du quinquennat a imposé un rythme cadencé au pouvoir, faisant basculer l’à-peine-élu dans le quinquennat d’après, le transformant en Premier ministre bis. Évincé pour cause d’asphyxie démocratie, le septennat pourrait finalement redonner une respiration au pays. Mea culpa. Pourquoi pas. La proportionnelle intégrale, quant à elle, permettrait une meilleure représentation des oppositions. Ou favoriserait l’émiettement… Croit-on vraiment que ces quelques réglages redonneront aux citoyens l’envie de retourner aux urnes ? Derrière la « fatigue » ne se cacherait-il pas en fait une immaturité démocratique ? On sanglote sur cette « élection volée », on se lamente sur le niveau de nos politiques, et on se sert de ces arguments pour justifier notre refus d’accomplir notre devoir élémentaire de citoyen : voter. Le septennat n’y changera rien. Grandissons.

Laureline Dupont, journaliste.

24 avril 2022 – Le JDD

(…) Une frontière est bien plus qu’une clôture. Elle est un processus. À l’origine même de toute civilisation, elles sont apparues lorsque les communautés humaines ont convenu, enregistré et tiré les limites actuelles de leurs territoires et de leurs propriétés, ainsi que les droits en découlant. Ce processus de collecte, de catégorisation, de validation et d’enregistrement des droits souverains et propriétaires a permis aux dirigeants des États d’identifier les consensus sur lesquels reposaient leurs mandats, d’accroître leur connaissance de leurs citoyens et de déterminer les droits de propriété souverains qui étaient essentiels pour leur bien-être. C’est dire comme la notion de frontière mérite d’être centrale. La guerre menée par la Russie, cet événement dramatique comme il s’en produit toutes les trois décennies depuis le début de la révolution industrielle, nous le rappelle. Elle porte en elle un déni profond des institutions régissant les relations entre ces deux pays mais aussi une atteinte directe à la mondialisation qui rende interdépendantes toutes les nations et est une violation de nos fondamentaux. En prenant l’initiative de maintenir le dialogue et de chercher une solution au conflit, la France s’est engagée à défendre la paix et à recalibrer l’ordre dominant, comme Talleyrand, Metternich, Wilson ou Monet en leur temps. Le président devra aussi se préoccuper des conflits de propriété entre les riches et les pauvres, entre les locaux et les multinationales, entre la France et ses anciennes colonies. Ce faisant, il redorerait le modèle de civilisation incarné par la France. Un modèle aujourd’hui concurrencé par l’autoritarisme prétendant à l’efficacité alors qu’il nie nos valeurs les plus profondes telles que la liberté et l’interdépendance des nations pacifiques.

Hernando De Soto, économiste péruvien et président de l’Intitute for Liberty and Democraty.

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