LA SEMAINE 18 EN 7 ARTICLES

1/ Le Figaro – Les avenirs des droites et des gauches ; 2/ LCI – NUPES, toutes les figures anti-laïque candidates ; 3/ Le un hebdo –  La guerre mondialisée ; 4/ Franc-Tireur – CNews, le dérapage vaut récompense ; 5/ L’Express – Ce qui nous rend collectivement stupide ; 6/ Radio Classique– La manipulation victimiste de Poutine ; 7/ Marianne – L’inacceptable Mélenchon

3 mai 2022 – Le Figaro

(…) La droite légitimiste est attachée à la France éternelle, à la continuité d’une histoire au-delà des régimes politiques qui se succèdent, un patrimoine à la fois matériel et symbolique, des traditions ancrées dans une mémoire longue. Imprégnée de culture catholique, elle défend la famille dans sa forme classique. La droite orléaniste privilégie le dynamisme économique et la possibilité pour ceux qui en ont le goût et les capacités de s’enrichir sans subir trop de contraintes de l’État ni souffrir des « partageux ». La droite bonapartiste croit à la grandeur de la nation et de l’État, à la République, au rayonnement de la France, à sa place dans le concert des puissances virgule à l’excellence scolaire et à la méritocratie. Depuis le XIXesiècle, ces trois droites n’ont jamais eu une grande estime, voir ont eu un certain mépris, les unes pour les autres. Mais elles ont longtemps eu un intérêt puissant à s’allier pour conquérir le pouvoir et gouverner. Elle n’avait pas de mal à s’entendre sur la nature de l’ordre que toutes trois voulaient construire. Certes, la droite orléaniste était libérale tant qu’il s’agissait du fonctionnement interne de l’économie, mais elle comptait sur un État fort pour mener des politiques protectionnistes et pour accorder des concessions à des monopoles privés ainsi mis à l’abri de la concurrence. Elle s’accordait donc avec la droite bonapartiste pour défendre l’État. Par ailleurs elle comptait, non sans cynisme, sur le respect d’un ordre moral par le petit peuple pour fournir aux entreprises une main d’œuvre disciplinée et assurer l’ordre dans la rue. À ce titre, elle avait de bonnes raisons de s’entendre avec la droite légitimiste qui promouvait un tel ordre. Et si cette dernière, comme la droite bonapartiste, trouvait la droite orléaniste attachée à des idéaux bien mesquins, elle avait besoin de son alliance pour accéder au pouvoir. Avec l’avènement de la construction européenne et le développement d’un libre-échange à l’échelle de la planète, cette alliance est devenue problématique. (…) Si l’alliance des trois droites a encore paru solide au temps du général de Gaulle et même de Georges Pompidou, avec une alliance dominante entre les droits de bonapartistes et légitimistes, la droite orléaniste s’est fortement affirmée au cours du septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Des formes multiples d’association entre les diverses droites sont apparues avec Jacques Chirac, puis avec Nicolas Sarkozy. Celui-ci a tenté une synthèse qui a suscité moult débats entre le « travailler plus pour gagner plus » orléaniste d’un côté et « l’identité française » légitimiste de l’autre. Et la haute figure du Général, sorte de statue du commandeur, rendait difficile à l’intérieur de la droite l’émergence d’un champion décomplexé de la seule droite orléaniste. Le succès de François Fillon lors de la primaire des républicains en 2017 a encore montré les limites de l’emprise de cette droite sur le parti. Elle restait engluée dans une famille où elle se sentait mal. Pour elle, la sortie de ce marasme est enfin venue en 2017, mais de l’extérieur de la droite. La gauche avait bougé elle aussi. Une nouvelle gauche était progressivement apparue, là encore non sans rapports avec l’émergence de l’Union européenne alimentée par l’échec des régimes communistes, la croyance dans les vertus d’une économie de marché. Michel Rocard, puis Lionel Jospin, ont hautement affirmé que le progrès social est étroitement dépendant du progrès économique, et que celui-ci exige un large respect des disciplines du marché. Le règne de François Mitterrand a été une grande époque de dérégulation financière. Une esquisse d’alliance de cette gauche avec la droite orléaniste s’est même produit en 2008 avec la participation des socialistes à la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne, après le succès du non au référendum portant sur le projet de traité constitutionnel européen de 2005. Ce mouvement, favorable au libéralisme économique, s’est radicalisé sous François Hollande, avec la grande étape de la loi El Khomri, visant à soumettre plus étroitement le sort des travailleurs aux exigences de compétitivité des entreprises. Pendant ce temps, une nouvelle conception de ce que veut dire être à gauche a émergé, avec l’avènement d’une gauche diversitaire, attaché à la défense de toutes les « minorités », homosexuel, immigré, etc. Le mariage pour tous a été la grande réalisation du quinquennat Hollande. (…) C’est dans ce contexte qu’est apparue, avec Emmanuel Macron, une nouvelle offre politique répondant enfin aux attentes de la droite orléaniste, tout en y ajoutant une touche de gauche diversitaire. Emmanuel Macron est un parfait représentant d’une vraie droite orléaniste. C’est la France qui gagne qui l’intéresse et qu’il veut soutenir. Il n’a pas craint, au début de son premier quinquennat, d’affirmer que les chômeurs n’ont qu à traverser la rue pour trouver un emploi. Il taxe le patrimoine immobilier, cher à la droite légitimiste, et détaxe le patrimoine mobilier. Il affirme qu’il n’y a pas de culture française. Il déclare, à Alger, pendant la campagne présidentielle de 2017, que la colonisation française a été un « crime contre l’humanité ». Sans être à la pointe des combats que mène la gauche diversitaire, il n’y est pas hostile. Ainsi il déclaré volontiers que la France est riche de diversité ethnique et n’a aucun problème avec l’islam. On peut supposer que c’est avec l’aval du chef de l’État que Richard Ferrand, président de l’Assemblée, a déclaré que la grande cause du prochain quinquennat serait le droit de « mourir dans la dignité ». Pendant que cette recomposition, parfaitement logique, s’est produite, l’ancienne alliance des trois familles de droite s’est trouvée à la peine. (…) Cette recomposition va-t-elle durer ? Il est difficile de le prévoir. Elle a sûrement été facilité par la personnalité d’Emmanuel Macron, le fait que sa vision du monde se trouve précisément au point de jonction entre celle de la droite orléaniste et de la gauche diversitaire. L’alliance de ces deux forces éclatera-t-elle avec son départ du pouvoir ? Une grande figure peut-elle émerger, capable de fédérer, sur des bases renouvelées, l’alliance entre les trois droites ? Cela sera sans doute possible si la droite orléaniste se rend compte, à l’expérience, que son association avec la gauche diversitaire conduit à un tel niveau de contestation sociale que l’ordre dans la rue est menacé malgré des dépenses sociales – et des prélèvements obligatoires pour les financer – qui demeurent parmi les plus élevés des pays industrialisés. Une fois que Marine Le Pen aura quitté la scène, une nouvelle alliance, unissant ceux qu’elle a déçus aux droites légitimiste et bonapartiste, dans une sorte de camp des patriotes, se dessinera-telle ? Une gauche renouvelée, rejetant celle qui, ralliant Emmanuel Macron, a trahi les vraies valeurs de la gauche aux yeux de ses détracteurs, va-t-elle émerger autour d’une gauche tribunicienne ? Bien des avenirs paraissent possibles. (…) À l’occasion des élections régionales de 2021, le contraste entre l’échelle nationale et l’échelle régionale et locale a été spectaculaire. L’excellente performance du Parti socialiste, alors qu’il était déjà en débandade sur la scène nationale, a particulièrement frappé. À droite des représentants de chacune des trois familles, orléaniste en Île-de-France, bonapartiste dans les Hauts-de-France, légitimiste en Auvergne-Rhône-Alpes, ont largement triomphé en rassemblant l’ensemble de la droite, chacun tirant parti de la sociologie des soutiens de celle-ci au sein de sa région. C’est que les logiques qui sont à l’œuvre ne sont pas les mêmes qu’à l’échelle nationale. Ceux qui votent pour un responsable local n’en attendent pas qu’ils décident de l’avenir de la France et se soucient souvent plus de sa capacité de gestionnaire que de son idéologie. Quant aux députés, ils contribuent certes ensemble, mais chacun si peu, aux grandes orientations de la politique nationale, et il est beaucoup attendu d’eux qu’ils soient efficaces dans leur circonscription. Il n’est pas sûr que, dans ce rôle, leur tendance orléaniste, bonapartiste ou légitimiste compte beaucoup et que la majorité des députés du Parti républicain soit condamnée à perdre leur siège.

Philippe d’Iribarne, X-Mines, directeur de recherche émérite au CNRS.

3 mai 2022 – LCI

(…) Taha Bouhafs est un blogueur radical militant qui fait partie du comité Adama. Comité qui est déjà extrêmement particulier. Il est aussi ce blogueur qui a été condamné pour incitation à la haine raciste pour avoir dénoncé la syndicaliste policière Linda Kebab comme « une arabe de service ». Il est enfin, et cela en dit beaucoup plus sur Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui a organisé avec le collectif contre l’islamophobie la fameuse marche qu’on a souvent reproché à Jean-Luc Mélenchon. La marche de 2019 organisée par un collectif islamiste qui a été dissous depuis l’assassinat de Samuel Paty. Ses mots d’ordre tournaient autour du mot islamophobie dont même Jean-Luc Mélenchon, quand il était encore un défenseur de la laïcité, disait qu’il ne fallait surtout pas l’utiliser Or, cette marche est une marche truffée de radicaux organisée. Donc, Taha va peut-être devenir député grâce au parti de Jean-Luc Mélenchon, peut-être au côté de madame Obono qui a tenu des propos abominables sur Charlie Hebdo au lendemain de la tuerie et des attentats. (…) La revue Regards, revue qui est plutôt la tendance Clémentine Autain au sein de cette famille, a imaginé le gouvernement de Jean-Luc Mélenchon dans deux pages. Vous trouvez, à peu près je crois, toutes les figures de la gauche anti-laïque et anti-Charlie. Et là, encore une fois, ce sont des fractures qui ne sont pas des calculs qu’on peut régler sur un coin de table.

Caroline Fourest, conseillère de la rédaction de l’hebdomadaire Franc-Tireur

4 mai 2022 – Le un hebdo

(…) Concernant la guerre en Ukraine, il faut poser le bon diagnostic. Or, les différences entre ce conflit et les guerres d’autrefois sont énormes. Je crois donc utile de tenter une approche nouvelle et de réfléchir en termes de « guerre mondialisée » en m’appuyant sur trois éléments. D’abord une différence de contexte. Une guerre dans un système international globalisé ne ressemble pas aux guerres interétatiques traditionnelles, car elle implique une inclusion, directe ou non, de tous les acteurs, y compris les plus éloignés. Il faut bien réfléchir à l’exaspération très forte qui règne aujourd’hui dans les pays du Sud face à des conflits nés au nord, dont ils savent qu’ils risquent de payer l’essentiel de la facture. À cet effet d’inclusion s’ajoute un contexte nouveau qui fait passer les dynamiques sociales avant le jeu interétatique classique. On l’a vu, sur un autre plan ces dernières années, avec les Printemps arabes, l’année 2019 en Amérique latine, voire les Gilets jaunes et les forces de contestation populiste en Europe. Nous avons, de façon inédite, une guerre qui se veut exclusivement politico-militaire côté russe, alors que le paramètre social joue un rôle désormais capital, y compris dans la conduite du conflit. D’où la grande surprise qui en découle : un dictateur comme Poutine ne pouvait pas prévoir que les sociétés seraient plus déterminantes que les armées. On le voit notamment avec l’importance de la résistance ukrainienne, qui ne supporte pas l’idée de l’invasion. On constate à quel point le militaire est réellement défié. La stratégie clausewitzienne fait pâle figure au regard des dynamiques sociales devenues incontrôlables. Kiev 2022 n’est pas Prague 1968. Le deuxième élément constitutif de la guerre mondialisée tient à la stratégie qui en découle. Les puissances occidentales, qui sont parties prenantes à ce conflit, ont, pour la première fois face à une guerre, inauguré une stratégie de contrainte issue des ressources de la mondialisation. Un ensemble d’États répond à la guerre par la logique d’exclusion. Exclusion du système économique international, bien sûr, dont l’impact est évidemment puissant à un tel niveau. Mais cette stratégie d’exclusion ne se limite pas à l’économie. Elle touche la culture, le sport, les médias, le tourisme, peut être le spatial. La mondialisation permet pour la première fois dans l’histoire de comprendre ce que peut être une exclusion totale du système-monde. Et ceci a quelque chose de spectaculaire, même si rien n’est joué d’autant que Moscou conserve des soutiens – on ne sait pas encore s’ils seront suffisants. Un dictateur n’est pas forcément très sensible aux sanctions économiques ; être exclu d’échanges si variés et complexes, et, entre autres, des compétitions sportives est en revanche mortifère. Depuis Hitler, on sait, par exemple, que les dictateurs accordent une énorme importance à cette scène qui représente la virilité, la force, la supériorité. En fin de compte, cette guerre mondialisée peut être une arme de dissuasion colossale, et moins apocalyptique que l’arme nucléaire. Sera-t-elle assez efficace ? Cette expérience nous l’apprendra. Si c’est le cas, sa logique peu empreindre toutes les guerres à venir. Le troisième élément de la guerre mondialisée tient au fait que, dans une telle atmosphère, il n’y a plus de bataille décisive. On ne gagne plus les guerres. Celles-ci se terminent par un match nul ou une sorte de débandade de l’acteur militaire, comme à Kaboul ou au Sahel, et les structures en place, souvent fort complexes, prennent le relais d’un pouvoir déficient. Ce phénomène semble se confirmer avec la guerre en Ukraine : il est d’importance, car la bataille décisive était une fatalité de l’histoire depuis la fin du Moyen Âge, une armée finissant toujours par l’emporter sur l’autre. Or, Poutine a dû faire une croix sur l’illusion qu’il prendrait Kiev et que l’arbre tomberait, que Zelensky se rendrait. Voilà qui redonne à la décision politique un statut plus important que jamais ; dans le modèle classique, « le sort des armes » tranchait, ne laissant aucune marge de manœuvre aux vaincus. Le summum fut atteint avec la paix de Versailles, en 1919, où l’on ne crut pas même bon d’inviter l’Allemagne, militairement défaite, à la négociation. Aujourd’hui le choix de persister ou d’arrêter relève d’un calcul politique complexe où l’élément subjectif – la perception du prince, ses anticipations, son affect – décide de tout. Or, un dictateur n’est pas un prince comme un autre et n’évalue pas les coûts de son action de la même manière que les autres. D’autant que ces coûts sont systémiques, qu’il le touche lui-même, son pays, l’adversaire et les tiers extérieurs, par les faits de la mondialisation ; ils sont donc plus incertains que jamais. D’où cette pression rhétorique du côté russe, cette stratégie de l’intimidation et du spectre de la « troisième guerre mondiale ». (…) Dans le cas du conflit ukrainien et des guerres mondialisées apparaît une logique de coresponsabilité globale qui ne permet plus de distinguer les puissants et les faibles et de tout abandonner au jeu mécanique des « rapports de puissance ». On est dans un nouveau monde ; cela implique des réformes profondes ! On peut espérer que la réinvention du multilatéralisme se fera à travers le multilatéralisme social, c’est-à-dire un multilatéralisme qui se réactive du fait des grands défis sociaux mondiaux. De ce point de vue, le bilan est loin d’être nul. Il y a, pour en témoigner, les succès du Programme alimentaire mondial, du Haut-Commissariat pour les réfugiés, de l’Unicef ou même de l’OMS, qui a éradiqué la variole en Afrique. En redonnant de la force à ces institutions sociales onusiennes, on pourra faire face à ces défis systémiques et prévenir un certain nombre de guerres qui leur sont étroitement associées, comme celle du Sahel qui dure depuis près de 10 ans sans qu’on perçoive la moindre issue…

Bertrand Badie, professeur émérite des Universités à l’Institut d’études politiques de Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI), propos recueillis par Julien Bisson et Éric Fottorino.

4 mai 2022 – Franc-Tireur

(…) Un petit coup de tonnerre est passée inaperçu le 13 avril dernier. Il a frappé au coeur de l’audiovisuel français. Nous sommes alors au lendemain du premier tour d’une élection présidentielle qui divise la société et polarise les familles politiques. L’organisation Reporters sans frontières (RSF), à travers à communiqué, informe qu’elle saisit le Conseil d’État pour faire « sanctionner l’inaction de l’Arcom* face au manquement de Cnews à ses obligations ». Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, met en cause les « pratiques de l’homme d’affaires Vincent Bolloré dans le secteur des médias » qui créent, selon l’organisation, « un précédent dangereux pour la démocratie, par sa conception d’un journalisme aux ordres et d’une télévision d’opinion ». (…) Autour de quelques « grandes gueules » au « discours viril » qui attire pêle-mêle militants d’extrême droite, Gilet jaunes et autres antivax complotistes, une poignée de journalistes obligés de se taire, soupire une jeune figure de la chaîne. Les quelques-uns qui ont accepté de témoigner on pris toutes les précautions pour ne pas être confondus. Nous nous sommes engagés à garantir leur anonymat et ne pouvons préciser s’il s’agit d’hommes ou de femmes ni s’ils font partie des anciens ou des nouveaux. Tout le monde est terrifié par le système B, comme l’appelle ironiquement RSF et des professionnels des médias. B comme Bolloré ! (…) C’est l’un des animateurs vedettes de la chaîne, Pascal Praud, présentateur de L’heure des Pros qui reçoit Éric Zemmour pour annoncer la fin de la collaboration entre le futur candidat la chaîne. « Vous les rendez fous ! », s’écrit complètement Praud, non sans comparer son invité à Bernard Tapie et à Nicolas Sarkozy. Zemmour estime qu’ils ne sont pas à son niveau point car l’homme a une très haute opinion de lui-même. D’après le polémiste, Sarkozy a intégré « le système » et Tapie « a été le caniche de l’idéologie dominante ». Classe ! Bernard Tapie, alors malade, vivait ses derniers jours. Il pouvait entendre, à travers son écran de télévision, la coqueluche de Cnews le traité de « caniche ». (…) À l’instar de tous les médias audiovisuels, CNews à des obligations légales de pluralisme et elle est tenue de respecter « une présentation honnête des questions prêtant à controverse, en particulier en assurant l’expression des différents points de vue par les journalistes ». RSF est d’une rare sévérité envers ce média français. L’ONG explique en filigrane que Cnews ne peut plus être considérée comme une chaîne d’information et qu’elle s’est transformée en un média qui diffuse des opinions orientées. Et sur quasiment tous les thèmes. Si RSF n’a pas vocation à s’immiscer dans les expressions diffusées, Christophe Deloire tiens à affirmer : « Ce que nous voyons, c’est que cette chaîne a une convention comme chaîne d’information et elle se comporte de plus en plus comme un tract audiovisuel. » Avant d’arriver à de telles conclusions, l’organisation avait demandé une étude au sémiologue François Jost. Ce professeur émérite en sciences de l’information et de la communication démontre, sur la base d’une observation des programmes sur une semaine (du 31 janvier au 4 février 2022), que Cnews ne peut plus être considérée comme une chaîne d’information, mais d’opinion. Le spécialiste s’est basé sur « la sélection des informations et leur hiérarchie, sur la place de l’animateur dans les débats et du pluralisme des invités ». Un constat que nous confirme quatre sources internes. « Plus de 70 % des invités sont clairement identifiés comme étant liés à un parti d’extrême droite ou proche d’une droite dure, complaisante avec les idées de l’extrême droite », détaille l’une d’elles. Une autre explique que des présentateurs imposent souvent eux-mêmes leurs invités en fonction « d’affinités idéologiques ». Ainsi, pour constituer un plateau par exemple, les programmateurs sont encouragés à ajouter « un seul vrai contradicteur, placé au milieu de trois invités défendant, en plus de l’animateur, un autre point de vue ». Parfois dans les couloirs, on entend Pascal Praud lancer : « Invitez un tel, c’est un bon gauchiste ! » Un journaliste explique que « l’objectif de la chaine, même s’il n’est pas clairement assumé, est de créer du buzz, à travers le clash », ajoutant : « il faut que ça dure 24h avant d’en générer un autre et ainsi de suite. » En clair, voici l’information selon Cnews : le sujet d’actualité choisi doit être clivant. Le plus souvent, ce n’est pas le décryptage qui est privilégié mais la controverse. Ainsi, le choix des invités appelés à commenter un thème qui divise déjà se fait sur la base d’antagonismes. « Ils se disent : tiens Intel est là, ce serait bien d’inviter tel autre », nous précise-t-on. Une fois les ingrédients réunis, il suffit que les animateurs allume la mèche espérant provoquer le petit dérapage qui suscitera la polémique. (…) François Jost précise que le programme « concentre les représentants des partis, issues à hauteur de 66 % de la droite et de l’extrême droite, à égalité ». Elle laisse néanmoins une certaine place à la gauche, moins de 25 %. Nous avons pu le constater en visionnant quelques replays. Bravo l’impartialité. Pour Face à l’info, Jost fait un constat similaire. L’ancienne tribune d’Éric Zemmour accueille tous les jours « les mêmes chroniqueurs ultra-conservateurs Dimitri Pavlenko, Charlotte d’Ornellas, Eugénie Bastié ou Mathieu Bock-Côté ». Belle pluralité ! Animé par sa chère Christine Kelly, celle que Zemmour considère comme son amie et qu’il voyait déjà ministre de la Culture s’il avait été président ! Le sémiologue insiste aussi sur l’absence de pluralisme : « Alors que les invités de gauche représentent 10 % et ceux de 4 %, les invités de droite et d’extrême droite représentent plus de 3/4 des présences en plateau (78 %). Parmi les invités, l’extrême droite est plus représentée par des journalistes que par des membres de partis (RN où Reconquête !). Les journalistes de CNews sont les plus nombreux, neuf, puis suivent ceux des rédactions de Causeur et de L’Incorrect. » (…) Le choix des invités est éloquent. Un seul exemple : entre juin 2020 et juin 2021, Jean Messiha a été invité 138 fois par la chaîne, soit une fois toutes les soixante heures. Il fut un temps ou une règle, non-écrite, s’imposait à tous par décence républicaine. Lorsqu’un commentateur était régulièrement poursuivi pour racisme, antisémitisme, homophobie, sexisme ou révisionnisme, lorsqu’il se rendait coupable de dérapages à répétition, il était banni du système médiatique. Non par censure, mais pour permettre aux médias – qui ne sont pas des bars PMU – de garder une certaine tenue et une hauteur de vue C’est ainsi que des personnages sulfureux, voire haineux (Dieudonné, Alain Soral, Marc-Édouard Nabe et d’autres), ont été logiquement privés d’antenne. Mais dans la logique Cnews, dérapages vaut souvent récompense ! (…) Comme lorsque Nicolas Dupont-Aignan fait retirer, en direct chez Pascal Praud, un bandeau qui lui déplaisait ? Quand nous avons voulu le faire réagir celui-ci nous a éconduit en faisant valoir que «je refusais d’aller sur CNews » .

Mohamed Sifaoui, journaliste

*L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, résultat de la fusion, depuis le 1er janvier 2022, du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et de la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet).

5 mai 2022 – L’Express 

(…) Je ne qualifie personne de stupide. En fait, dans nos sociétés, les gens sont de plus en plus éduqués et intelligents au niveau individuel. Mais je m’intéresse aux institutions et à la morale collective. Or il s’est passé quelque chose au début des années 2010. Ce sont nos institutions qui sont devenues plus stupides, en particulier celles qui produisent des connaissances. Cela a commencé par les universités, mais on a vu le phénomène se répandre dans le journalisme, en médecine ou dans le monde professionnel. Depuis 2014, j’essaye de comprendre ce qui se passe. Une stupidité structurelle s’est installée… (…) En tant que psychologue social, je vais passer une grande partie de ma carrière à étudier la polarisation entre la gauche et la droite. Ce sont deux pays séparés qui se battent l’un contre l’autre. C’est facile à comprendre. Mais aujourd’hui, ce qui nous arrive dépasse le simple tribalisme. C’est une fragmentation totale. Il y a certes une « Amérique bleue » démocrate et une « Amérique rouge » républicaine. Mais au sein de la gauche ou de la droite, on ne se comprend plus ! La plupart des personnes ne sont certes pas sur Twitter ou ne sont guère politisées. Mais dans notre monde « post-Babel », cette majorité ne compte plus vraiment, sauf le jour des élections. Le reste du temps, les réseaux ont changé si radicalement la dynamique sociale que le monde dans lequel nous vivons ne répond plus aux mêmes lois qu’il y a ne serait-ce qu’une dizaine d’années. Je n’aurai par exemple jamais cru que Donald Trump puisse être élu président des États-Unis. Mais comme bien d’autres commentateurs, je me fondais alors sur les critères du monde d’avant Babel. (…) Je ne critique pas Internet en général, mais un modèle commercial en particulier : celui lancé par Facebook, dans lequel l’utilisateur n’est pas le consommateur mais le produit. Et ce produit est manipulé pour générer des contenus servant à accrocher d’autres utilisateurs. Tout a basculé en 2009, lorsque Facebook a permis de « liker » (« aimer ») des posts, et que la même année Twitter a introduit quelque chose d’encore plus puissant : le bouton de « retweet », qui permet aux utilisateurs d’endosser un post tout en le partageant avec d’autres. C’est ce modèle qui, je le crois, nous rend collectivement stupide, et représente un revers pour la coopération humaine. (…) La diversité des points de vue est essentielle à une démocratie, mais aussi au progrès scientifique. Mais cela ne fonctionne que s’il y a des institutions qui permettent de canaliser ces différences afin de produire des vérités communes. L’université, le système judiciaire, le journalisme sont basés là-dessus. Mais aujourd’hui, nous n’assistons pas à cela mais à une réelle fragmentation. (…) Imaginez que dans les années 1980, on ait dit aux gens : «  Hey, vous pouvez appeler qui vous voulez au téléphone partout dans le monde de manière totalement gratuite. » C’est formidable ! Mais ensuite, on changerait les règles et on leur dirait : « Continuer à communiquer, mais désormais, cela se passera au centre du Colisée à Rome, devant des spectateurs qui veulent du sang et lèvent leur pouce vers le haut ou le bas. » C’est vraiment ce qui s’est passé avec les réseaux sociaux. (…) Je pense que nous en avons encore pour plusieurs années de « merde », oui. Avant 2019 et les manifestations à Hongkong, la Chine se focalisait plutôt sur ses propres réseaux, comme WeChat. Mais depuis, elle a découvert à quel point Facebook et Twitter peuvent être utiles, pour des coûts très faibles, dans son conflit grandissant avec les États-Unis. L’intelligence artificielle va bientôt permettre de transmettre presque sans limite des fausses informations qui paraissent crédibles. Mais je suis aussi moins pessimiste qu’au moment où j’écris cet article, notamment parce que les réactions auxquelles il a donné lieu ont été presque unanimement positives, à gauche comme à droite. (…) La France me semble tout d’abord protégée par son anti-américanisme. Puisque l’esprit « woke » est anglo-américain, et que vous avez tendance à vous opposer à l’Amérique assez systématiquement, cela vous rend assez naturellement hostile au « wokisme », alors que la politique identitaire semble gagner tous les pays anglophones. Par ailleurs, le système politique américain est favorable à la polarisation. Le deuxième pire est celui qui n’a que deux partis, comme c’est le cas chez nous.

Jonathan Haidt, psychologue, propos recueillis par Thomas Mahler et Laetitia Strauch-Bonart.

7 mai 2022 – Radio Classique

(…) Il y a deux choses qu’il faut distinguer me semble-t-il. C’est d’abord la perception russe du péril de l’OTAN dont on peut dire qu’elle n’est pas totalement illégitime. Une Ukraine adhérant à l’Otan c’est potentiellement une base américaine à 800 km de Moscou. Je pense qu’aucun russe, même des gens qui ne sont pas d’un nationalisme enfiévré, même des gens qui n’aiment pas Poutine ne l’accepteraient pas. Mais de toute façon… ce n’était pas à l’ordre du jour ! D’ailleurs, Poutine se paye le luxe de ne même pas l’évoquer dans sa guerre. Il considère qu’il faut lutter contre un régime nazi ! Il raconte n’importe quoi, mais, vous voyez, on n’est même pas sur cette économie-là. À la fin des fins, c’est ce qui va se passer. Le cessez-le-feu passera nécessairement par un accord qui inclura la non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan. La deuxième question peut être beaucoup plus sévère vis-à-vis de la Russie. Il y a un impérium, un impérialisme Grand russe qui remonte au moins au 18e siècle. Il englobe non seulement les pays Baltes, la Pologne, la Roumanie, la Moldavie, la Bulgarie et bien évidemment une grande partie du Caucase comme naturellement tout ce qui concerne la Sibérie. Mais aussi jusqu’à la Serbie. Cet impérialisme instrumentalise la religion, comme beaucoup d’autres impérialismes, en l’occurrence orthodoxe et il instrumentalise aussi le victimisme. Et ça, si vous voulez, le victimisme au pouvoir à Moscou, quelle que soit la nature du pouvoir, tsariste, bolchévique ou, aujourd’hui, on va dire néo nationaliste, c’est une constante. Malheureusement, quelque part, ça marche. Les souverains contemporains – il faut relire les discours de Poutine – considèrent qu’en réalité les occidentaux ont toujours cherché à limiter le pouvoir et même à écraser la Russie. Naturellement, ils ne parlent pas du communisme mais de la Russie de façon générale. Et de rappeler les invasions suédoises, françaises et allemandes qui évidemment sont de nature totalement différente dans des contextes différents. En oubliant par ailleurs que le pouvoir russe, lui, a été extraordinairement impérialiste sur tous les points cardinaux qu’on vient d’évoquer. Je crois qu’on est vraiment sur une conjugaison ultra nationaliste et impérialiste aujourd’hui chez M. Poutine. (…) Poutine a investi très peu dans le soft Power comme on dit. Mais enfin, il a investi un petit peu quand même notamment dans les cyberattaques, si tant est que cela soit du soft Power. Il a investi aussi, on l’a bien vu en France notamment, dans des partis d’extrême droite qui lui sont a priori favorables. L’extrême droite et l’extrême gauche se rejoignent sur pas mal de choses, notamment sur la détestation des États-Unis, détestation en général parfaitement fantasmatique. C’est la détestation intrinsèque de ce que représente de près ou de loin les États-Unis et pour ça on est prêt à s’allier avec le diable. C’est vrai pour l’extrême droite qui, elle, est très viriliste, fascinée par la force par ce qu’elle appelle la Real politique qui n’est autre, en réalité, que le cynisme le plus brutal. C’est vrai pour une partie des extrêmes droites en Occident. Quant à l’extrême gauche même détestation des États-Unis et même d’ailleurs « tout plutôt que l’Europe » ce qui est extrêmement grave. Je crois que Poutine a réussi à jouer sur l’extrême droite pour qu’elle le soutienne, ce qui n’est pas si stupéfiant, mais aussi sur une partie de l’extrême gauche et des gauches classiques afin qu’elles le comprennent, soutiennent son intervention militaire et sa brutalité. C’est beaucoup plus problématique. Mais une nuance positive pour moi, comme étant une bonne nouvelle, le moment où l’on revient dans le principe de réalité comme disait Max Weber. Lorsque que l’on est au pouvoir, le principe de responsabilité s’impose. M. Orban, tout populiste et tout viriliste soit-il, n’a pas agi lorsqu’il a fallu condamner l’agression de l’Ukraine. On lui a juste rappelé que son pays possède 3,5 % du PIB européen et que s’il voulait continuer à bénéficier des fonds structurels, c’est-à-dire de nos impôts, il ne fallait pas qu’il en fasse trop.

Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue, interviewé par Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova

5 au 11 mai 2022 – Marianne

À gauche, l’unité n’est pas seulement une formule politique. C’est un totem, qui participe à la catégorie du sacré. Et même un tabou : elle est la préférée du peuple de gauche, même s’il est démontré qu’elle réunit moins de voix que la somme des candidats allant séparément à la bataille. Parce qu’elle est perçue comme l’incarnation du peuple lui-même. En dehors de toute considération platement politicienne. C’est la politique à son stade édénique, d’avant le péché originel. Qu’il soit pourtant permis à l’observateur engagé de s’interroger. On peut être partisan de la victoire de la gauche sans souhaiter voir Jean Luc Mélenchon « élu », comme il ne craint pas de dire, à Matignon. Pourquoi ? Parce que, sur presque tous les problèmes qui font l’actualité et qu’aura à traiter le prochain Premier ministre, surtout dans l’hypothèse d’une cohabitation, je me sens en désaccord profond, presque existentiel, avec le remuant leader des Insoumis. Je compte avec lui au moins cinq sujets majeurs de désaccord. Ce sont par ordre de gravité croissante : 1) L’économique et le social. Rien que cela ! Sans être économiste, je suis convaincu que l’application brutale de l’ensemble des propositions du programme de Mélenchon nous conduirait à la catastrophe : la retraite à 60 ans, le smic à 1400 €, le blocage des prix, l’augmentation des salaires. Et j’en passe. (…) Je suis en particulier convaincu que la retraite à 60 ans, alors que toute l’Europe est en train de s’aligner sur la tranche des 65 à 67 ans, est un non-sens, quitte, bien entendu, comme l’a toujours préconisé la CFDT, à faire une exception pour les métiers les plus pénibles. En politique, le refus de compter signifie le mépris à l’égard de ceux qui comptent à l’euro près dans leur vie quotidienne. 2/ Le rejet du nucléaire, qui est une véritable aberration. La France est une puissance nucléaire, au civil comme au militaire, grâce à la profondeur de vue du général De Gaulle et à de grands serviteurs de l’état, comme Georges Besse, assassiné par des gauchistes imbéciles. La diabolisation du nucléaire, la plus propre, la plus décarbonée, la plus écologique des sources d’énergie, est le fait des écolos, en tout cas des plus décervelés d’entre eux. La compétition internationale, dans la concurrence amicale avec les Allemands, le nucléaire est un des rares atouts majeurs de la France. 3/ L’islamisme. Jean-Luc Mélenchon est, dans ce domaine, l’exemple consternant d’un républicain, d’un laïque devenu par démagogie et électoralisme le sixième pilier de l’islam ou plutôt de l’islamisme en France. Qu’il ait défilé avec le CCIF en est une manifestation incontestable. Il n’a jamais reconnu son « erreur ». Pis que cela : sous prétexte de « créolisation », un concept creux, il accorde au cléricalisme islamique ce que la République n’a jamais concédé, avec raison, au cléricalisme catholique de naguère. Natacha Polony l’a très bien dit ici-même, la semaine dernière, en écrivant qu’« une majorité de français n’a pas envie d’être gouvernée par Taha Bouhafs, Éric Coquerel, Clémentine Autain où Danielle Obono […] » . J’en fais partie. 4/ L’Europe. C’est un des points essentiels du désaccord. Des socialistes en peau de lapin, comme Olivier Faure, se sont ralliés à l’idée mélenchonienne de désobéir à l’Europe ! Mais nous n’avons pas à désobéir à l’Europe : nous avons à en prendre la tête ! Dans leur majorité, les Français savent que notre avenir, notre sécurité, notre prospérité, en un mot la paix, sont liés à notre appartenance européenne. L’isolationnisme de Mélenchon est le complément de son islamo-gauchisme et de son refus de la modernité. C’est un homme du passé qui confond la France libre de Charles de Gaulle avec la France seule de Charles Maurras. 5/ L’Ukraine. Mettre Mélenchon au pouvoir, c’est rompre avec le sursaut et la détermination des grandes démocraties contre les agissements de plus en plus hitlériens de l’autocrate de Moscou. Le tropisme de Jean-Luc Mélenchon, déjà ancien, vers les dictatures, pourvu qu’elle soient antiaméricaines, est pour un démocrate une chose inacceptable, un risque que l’on ne saurait courir. Il m’est arrivé de dire que l’antiaméricanisme est le socialisme des imbéciles. Mélenchon n’est pas un imbécile, loin de là, et il me semble que cela aggrave son cas. Dans ce contexte, sa proposition de quitter l’Otan, c’est tenir la balance égale entre l’agresseur et l’agressé. C’est totalement inacceptable. Pour conclure, car j’y reviendrai, l’avenir de la gauche est, en France, et comme dans la quasi-totalité des pays d’Europe, lié à une renaissance et à une modernisation de la social-démocratie. Qu’est-ce que la social-démocratie ? C’est la seule forme de socialisme qui n’aboutit pas à élever une dictature impitoyable sur des monceaux de cadavres. C’est l’extension de la justice sociale, de toute l’égalité sociale compatible avec un niveau incompressible de liberté. Le mélenchonisme n’est ni l’avenir ni la justice, c’est une construction qui repose sur un homme et sur les branches pourries du mouvement social. Épargnons-nous ce retour en arrière.

Jacques Julliard, historien et éditorialiste.

Une réflexion sur “LA SEMAINE 18 EN 7 ARTICLES

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