RUMEUR DE TOLBIAC : DU COMA FICTIF DE L’ÉTUDIANT À CELUI DÉPASSÉ DE “LE MÉDIA”

Je pensais que deux articles consécutifs * seraient suffisants pour en finir avec la « Rumeur de Tolbiac » qui désormais fait cas d’école. En effet, nous avions vu que Le Média, la médiaTV de Jean-Luc Mélenchon avait joué le rôle majeur dans sa naissance et sa propagation. Après l’aveu de mensonge de Leila, l’étudiante témoin le reconnaissant aux journalistes de Libération qui menaient enquête, j’avais cru que Le Média qui avait abondamment diffusé ses propos, la jouerait un peu mezza-voce. Et bien non ! J’avais sous-estimé l’entêtement à vouloir se laver de l’impossible en persistant à « relativiser » le faux-pas journalistique pour tenter d’en faire un avantage… Gérard Miller, le psychanalyste et ancien maoïste est monté au front pour mener le combat de sa vérité. Et quelle vérité ? Comme co-fondateur de la télévision mélenchoniste, dans une petite vidéo il a fait une déclaration ahurissante, stupéfiante et nourrie de propos proprement surréalistes : « Évidemment quand on prend le risque de recueillir des témoignages de gens qui ont vécu un événement traumatisant, on prend le risque d’avoir des témoignages qui peuvent se révéler inexacts, imprécis. Sous le coup de l’émotion, comment en vouloir à ces étudiants d’avoir traduit la violence policière qu’ils avaient subie, les coups de matraques qu’ils avaient subis ? (…) Il est décisif que les témoins des événements puissent parler, avec leur façon de faire, avec leur émotion, avec parfois leurs inexactitudes qu’on soulignera. » Le propos mérite pour le moins analyse. Tout d’abord Le Média, qui rappelons-le se veut être la parole libre, juste, indépendante à l’inverse des grands médias que ne cesse de vilipender son mentor Jean-Luc Mélenchon « prend le risque »… Sans en mesurer les conséquences ? Serait-ce cela la responsabilité ? Le journaliste-psychanalyste expert des âmes et des sensibilités ne devrait-il pas justement redoubler de précaution dans ce type de situation ? Dans des moments dramatiques de l’histoire on a connu la fausse dénonciation de l’incendiaire du Reichstag en février 1933, présenté par Göring comme « le début de la révolution communiste », le faux charnier avec l’exhumation en décembre 1989 de cadavres de pauvres indigents pour les présenter comme des victimes civiles de la révolution roumaine, et aujourd’hui la plus grande puissance mondiale nous montre un président fake news ! Aucune leçon à en tirer ? On peut continuer à jouer à prendre des risques… Gérard Miller d’ajouter qu’il est « décisif » que les témoins des événements puissent parler. Oui… sauf que Leila n’était pas témoin de ce qu’elle prétendait avoir vu et d’ailleurs, certains militants de La France insoumise prenant sa défense, l’ont présentée comme étant porte-parole de ce que d’autres avaient vu. La vérité est qu’elle se prétendait témoin à tort, ce qu’elle a avoué. Leila, nous l’avons vu sur plusieurs chaînes de télévision, militante active et passionnée. Souvent accompagné d’un jeune homme présenté comme son compagnon, M. Taha Bouhafs, qui fut candidat du parti de Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections législatives dans la 2èmecirconscription de l’Isère. Pour reprendre le vocabulaire de Gérard Miller, il était à ce point « ému » par les événements que ses collègues devaient le retenir à plusieurs reprises alors qu’il allait haranguer la police. Bons étudiants à Tolbiac, nous ne pouvons que l’espérer pour eux, bons militants pour La France insoumise, ils le sont assurément. Du moins ils croient l’être, mais il n’est pas certain que la séquence politique dont ils furent les « héros » donne un nouvel élan à leurs idées et à leur média même si on mesure qu’il ne fut pas difficile pour le journaliste de la télé « amie » de les repérer pour les interviewer.

Le 23 avril, le Canard Enchaîné, nous apprenait que Sophia Chikirou, directrice de Le Médiaet ex-dircom de Jean-Luc Mélenchon avait titré sur son site Internet : « Un étudiant de Tolbiac dans le coma. » Rien de plus logique… mais cette femme d’image dans le sang, ajoute une preuve pixelisée qui, selon elle, devrait clouer le bec à ceux qui doutent. On y voit des policiers qui s’apprêtent à donner de vilains coups de matraques sur des jeunes. Aïe, aïe, aïe, patatras… la photographie est ancienne, en date du 1eroctobre 2017, et montre les échauffourées lors d’une manifestation pour l’indépendance de la Catalogne à Barcelone ! Le soir du 20 avril, alors que tous les autres médias, y compris Reporterre et Marianne qui avaient évoqué le coma, prenaient avec rectificatifs leurs distances, Sophie Chikirou invitait par tweet à suivre le journal du soir de sa télévision dans ces termes : «Un journal exceptionnel @LeMediaTV : on y parle de Tolbiac avec émotion car la vie d’un étudiant se joue. On y parle luttes pour l’accès à l’eau, Vs l’extrême droite, et d’autres thèmes. Une vision totalement différente de celle des autres TV. » Différente, c’est certain ! C’était le seul endroit où la rumeur du coma de l’étudiant entre la vie et la mort était évoquée sans recul.

On comprend mieux l’hémorragie de journalistes qui a frappé Le Média sous la haute-autorité de l’éthique directrice : les départs Marc de Bonni, Noël Mamère et Aude Rossigneux la présentatrice. Pour ne citer qu’eux.

La crédibilité de cette prétendue « nouvelle » télé – mot choisi pour nous dire, comme dans les publicités anti-rides qu’elle est meilleure que ses concurrentes – révèle son visage fripé de la vieille propagande. Avec un de ses piliers fondamentaux : le déni de la vérité.

* Les deux articles sur ce site danielchaizedotcom.wordpress.com

  • Rumeur morbide et intéressée sur le coma d’un étudiant de Tolbiac, 23 avril
  • Tolbiac : le mensonge révélé, 25 avril

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